Best of Malaysia

A quoi faut-il s’attendre en venant en Malaisie ? Que peut-on visiter ? Grâce à cet article vous connaîtrez ce qui nous a vraiment plu ainsi que les endroits incontournables que nous avons visités ou bien malheureusement manqués.

Ethnies et Culture de Malaisie

En Malaisie, ce qui est le plus extraordinaire, c’est le mélange des cultures musulmanes, chinoises, indiennes et des différents groupes ethniques. On en parle plus en détail dans notre article « one Malaysia ». Du coup, les monuments à visiter, les langues parlées, la musique, les vêtements portés et la gastronomie sont tout aussi variés.

Ce qui fait aussi de la Malaisie un pays exceptionnel, c’est sa nature. On trouve de très belles plages de part et d’autre de la péninsule malaise. Mais comme nos chaussures étaient encore pleines de sable blanc thaïlandais, nous nous sommes concentrés sur un nouveau type de paysage du voyage : les forêts tropicales. Les températures humides et autour de 28-30°C toute l’année leur sont favorables. Les forêts malaises sont incroyablement denses et recèlent de nombreux animaux, dangereux pour certains. C’est en Malaisie que nous avons vu notre premier serpent mortel mais aussi la plus grosse fleur du monde. Dans les fleuves marécageux de Malaisie on retrouve aussi le plus grand des crocodiliens : le crocodile marin mangeur d’hommes !

A propos de la gastronomie, la cuisine en Malaisie est unique. Que l’on mange chinois, indien, Ais Kacang -Malayisches Eis mit Bohnen und Maismalais ou Baba-Nonya (chinois-malais), on en a toujours pour son argent. On retrouve tous ces menus différents sous un seul et même toit dans les Food-courts. C’est l’endroit idéal pour goûter des dumplings, du poulet satay  ou tandoori, du nasi goreng, mais aussi des curiosités indigestes comme de la glace aux haricots rouges ou au maïs avec des boules de tapioca. Sinon, nous avons aussi souvent apprécié une des grandes spécialités du pays : le Mc Do. Ce sont les Mc Do les moins chers de tout notre voyage et les habitants en raffolent, au détriment de leur ligne.

Les plus beaux endroits et plus belles villes

La Malaisie est constituée de deux territoires distincts. Sur la péninsule malaise, l’infrastructure étant bien développée, il est très facile de voyager, ce qui n’est pas vraiment le cas sur Bornéo, où il faut accepter de se déplacer lentement et non sans grande peine ou bien prendre l’avion.

Malaka :

Cette ville nous tient particulièrement à cœur. C’est l’une des plus agréables et jolies villes d’Asie, dont l’influence de la colonisation portugaise et hollandaise est encore très visible. Malaka a une vieille ville très charmante qu’il faut explorer aussi bien à pied  qu’en balade romantique en bateau. La visite de la villa Sentosa est une excursion assez spéciale. C’est un musée vivant qui dévoile une partie de l’histoire malaise comme nulle part ailleurs. Seulement, le guide et habitant de cette villa est au premier abord amusant mais devient toujours plus envahissant. Je vous aurais prévenu.

Pour plus d’ambiance, ne ratez pas le week-end night market où l’on peut acheter et goûter de tout. Pour plus de spiritualité, il faut visiter Cheng Hoon Teng – le plus vieux temple chinois de Malaisie (1646). Mais la raison pour laquelle nous ne pourrons jamais oublier Malaka, c’est la ferme aux crocodiles où nous avons effectué un volontariat, une expérience très authentique, qui nous a permis de connaître de plus près les malais, et les crocos par la même occasion !

Kolonialer Flair in Melakka - MalaysiaRathausplatz town square

Kuala lumpur :

D’accord KL n’est pas la raison pour laquelle il faut aller en Malaisie, mais comme il faut passer de toute façon par cette grosse ville, autant en tirer un maximum d’avantages. Les tours Petronas, qui représentaient jusqu’en 2004 les plus hauts immeubles au monde (452m), sont le symbole de cette capitale qui se veut moderne et ouverte. Logiquement, on a un grand choix de shopping malls climatisés et de Food courts. Mais KL se montre aussi sous un tout autre visage quand on tente une ancienne thérapie traditionnelle : le cutting (désintoxication du corps grâce à des ventouses), par exemple. On a l’impression d’avoir une plaque de métal de plusieurs tonnes sur le dos puis des bleus impressionnants et artistiques apparaissent après quelques heures seulement.

Schröpfen in MalaysiaCutting und seine Folgen

Mais pour nous, la plus grande qualité de KL a été son offre culturelle. Faites d’abord un tour à l’office du tourisme à qui nous décernons la médaille d’or, non seulement pour la modernité des locaux, la qualité du service – Nous les avons harcelés 3 fois en une heure et ils nous accueillis à chaque fois avec un grand sourire et une patience légendaire – mais aussi pour les spectacles qu’ils proposent.

Pour 5 Ringgit (1,25 €) seulement, nous avons pu apprécier 1 heure de danse traditionnelle représentant toute la Malaisie. On a adoré ! Il y’a aussi régulièrement des petits concerts de rue gratuits au centre-ville entre Little India et China Town.

Petronas Towers Maria in einer malayischen Moschee

N.B. : pour visiter les mosquées, pas besoin d’apporter sa djellaba et son voile, car on t’en prête à l’entrée. C’est pratique, parce que, la chaleur oblige, on est habillé en short et en T-shirt. Mais attention une mosquée, c’est fait pour prier et non pour dormir comme nous le rappelle toujours le panneau à l’entrée (voir photo).

Schlafen in Moschee verboten!Schlafen in Moschee verboten...

Parc national Taman Negara :

Cette énorme jungle à la très belle végétation a été pour nous une des meilleures expériences en Malaisie. Pour savoir comment s’y rendre et en apprendre plus sur notre trek de 2 jours, pendant lequel Björn s’en transformé en monstre tout gélatineux et j’ai failli me casser la jambe au beau milieu de douzaines de sangsues, lisez notre article.

Kuching :

Dans la ville en soit, il ne règne pas une atmosphère particulière. On peut visiter le Sarawak museum, qui est très populaire puis aussi la grande ferme aux crocodiles Jong’s crocodile farm : le parc n’est pas le plus beau mais le nourrissage des crocodiles vaut vraiment le détour.

La ville m’a laissé un goût amer à cause des punaises de lits de notre pension. Ça a été 2 semaines de torture.

Eine Nacht mit Bedbugs - Nicht grade ein Highlight

Cependant pour rester objectifs, les environs offrent tout un tas d’excursions incontournables :

– Le parc national Gunung Gading. Le clou du parc est la plus grosse fleur du monde : Rafflesia qui peut atteindre 1 m de diamètre. Avant d’y aller, il faut toujours demander à l’office du tourisme si elle est en train de fleurir. On a eu de la chance et on a pu en contempler un « petit » exemplaire de 67 cm, qui était déjà assez surprenant. A part la fleur, le parc est autrement intéressant. On s’y repère facilement et on peut se rafraîchir dans des petites cascades d’eau.

Gunung Gading Nationalpark

Pour se rendre à Gunung Gading, on prend le bus 1 jusqu’à Jln Penrissen puis un bus voyageur (trajet d’1h30), avant de monter dans un mini van.

Rafflesia the biggest flower of the world, hier 67 cm

– Parc national Bako. A ne manquer en aucun cas. Cette forêt présente différents paysages au bord de la mer mais la végétation y est moins dense et aventureuse qu’au Taman Negara. Par contre, impossible de ne pas voir des animaux !  Dès qu’on arrive en bateau dans la forêt des mangroves, on est accueilli par toute une horde de macaques gourmands.

Bako Nationalpark - beach

En longeant le Telok Paku trail, on se comportait comme des biologistes sortis d’un documentaire, à l’affût des grandes stars du parc à cause desquelles on était venu : les singes au long nez (les nasiques) qu’on ne retrouve qu’à Bornéo. Avec de la patience, on finit par voir toute la famille en train de faire des pirouettes tout en haut des arbres. Leur long nez est vraiment moche et comique. On a essayé de s’en approcher le plus possible, mais ils étaient bien farouches.

Der Star Borneos -  Der Nasenaffe

La nuit tombée, nous avons bénéficié de la promenade nocturne organisée par le ranger. On y aperçoit une faune complétement différente : des grosses araignées, des grenouilles vertes toutes mignonnes (et venimeuses), en passant par les mille-pattes géants, les cafards exotiques, sans oublier les impressionnants Dermoptères (flying lemur).

Eine Wald-Kakerlake

Après cela, nous avons passé la nuit dans un dortoir qui puait le moisi. Le lendemain, en allant prendre notre petit-déjeuner, un serpent commençait à ramper sur la chaussure de Björn. Comment savoir s’il est dangereux ? Plus loin, un grand groupe de touristes prenait des photos devant un arbre : une « Pit Viper » (crotale de la famille des vipères) mortelle s’y reposait le ventre bien rempli par sa dernière proie. Waw, il faut vraiment faire attention où on met les pieds ici !

Eine unbekannte Schlage MalaysiasPit Viper - Grubenotter in Malaysia

Plus tard, lors de notre randonnée le long du Telok Pandan Kecil trail, on a aussi eu l’occasion de voir pour la première fois des plantes carnivores (« Pitcher plant ») en forme de cruche contenant un liquide pour piéger les insectes.

On a repris le bateau le soir même, sur le fleuve infesté de crocodiles. Pendant ce temps, une touriste nous racontait que, lors d’un safari-bateau en Afrique, la petite sœur d’une camarade de classe de 6 ans avait été tirée par un crocodile vers le fond et on ne l’a plus jamais retrouvée. Nous avons très vite retiré nos bras ballants.

– Une maison longue d’Iban. Rencontrer ces anciens guerriers qui décapitaient leurs ennemies et utilisaient les crânes de ces derniers pour orner leurs maisons-longues peut s’organiser à partir de Kuching. Notre expérience te dira si ça vaut le coup ou non de le faire.

Sipadan :

C’est un endroit magnifique pour la plongée. Nous y avons vu nos premières tortues de mer et en sommes tombés amoureux. Parmi les animaux marins, on retrouve aussi Nemo, des poissons-lions, des barracudas, des requins, des môles, des étoiles de mer, etc. Malheureusement les déchets des communautés vivant à proximité polluent la belle eau cristalline. Lisez absolument notre récit et laissez-vous emportés dans un autre monde.

Moschee auf Sipadan

Ce que nous avons raté

–          Les îles paradisiaques Pulau Perhentian, PulauTioman aux larges des côtes Est, ou bien Pulau Langkawi de la côte Ouest de la péninsule malaise.

–          Se promener sur les collines des plantations de thé verdoyantes des Cameron Highlands

–          Pour les valeureux, aimant défier la force de gravité, ils peuvent escalader le mont Kinabalu (4095m)

–          Bario & Kelabit Highlands : la seule façon de regagner ce lieu reculé en moins d’un jour, est de prendre un petit avion. Là-bas, on peut faire des treks en solitaire dans la boue en compagnie de sangsues en pagailles ! Ce sera sans moi, Björn.

–          Les Turtle Cavern à Sipadan sont des tunnels sous-marins qui constituent un véritable labyrinthe. Mais avant de les visiter, il faudrait d’abord avoir un peu plus d’expérience en plongée et un bon guide pour ne pas finir comme les squelettes des tortues de mers qui s’y sont perdues puis sont mortes d’asphyxie. Mais nous voulons absolument tenter un jour l’aventure !

Si nous devions retourner en Malaisie, ce serait pour découvrir ses belles plages, se promener aux Cameron Highlands et pour rendre visite à nos amis de la ferme aux crocos de Melaka.

Mais ce qu’il faut surtout retenir de la Malaisie, c’est que c’est un pays où les gens sont incroyablement chaleureux, hospitaliers et surtout humbles. Cela nous a encore plus frappés que dans les autres pays. Et le bonus pour te convaincre d’y aller : en Malaisie il y’a beaucoup moins de touristes que chez son voisin la Thaïlande !




Expérience de plongée sur Sipadan – Paradis sous-marin, dépotoir sur terre

Sipadan, compte parmi les plus beaux sites de plongée au monde. On ne peut pas séjourner sur cet îlot qui fait partie d’un espace naturel protégé, à l’est de la Malaisie. Mais il se situe tout près de l’île de Mabul, qui propose plusieurs centres de plongées et possibilités de logement. Veux-tu savoir si Sipadan a mérité sa réputation ? On te donne la réponse ainsi que des informations pratiques pour que tu puisses t’y rendre sans difficultés.

Et si cela ne te suffit pas, je recommande de lire sur Sipadan.com où tu trouveras encore plus d’infos ainsi que de magnifiques photos et vidéos professionnelles, ou encore cet article qui complète le nôtre.

drive to mabul

Arrivée

Dès le trajet en bateau, on suit pendant toute une heure un flux de déchets en plastique. On n’avait jamais vu auparavant autant de saletés flotter sur l’eau. Et c’est ça, le chemin vers un paradis naturel intact ? Même l’île de Mabul, à pas plus de 12 km de Sipadan, est elle aussi envahie par les ordures. Trop de gens habitent ici malheureusement, sans qu’il y ait un système d’évacuation.

soo much garbage on mabul

Plongées à Mabul

En dépit des détritus, c’est un endroit parfait, un contraste qui en quelque sorte empire les choses. De l’eau bleu cristalline, des poissons, des étoiles de mer, et même des tortues de mer peuvent déjà être contemplés en eau peu profonde.

Boat in front of stilt houses

Nos deux premières plongées se sont déroulées à Mabul House Reef. Mis à part certains magnifiques poissons-clowns et poissons-lions (venimeux), ce n’était guère sensationnel.

Nemo

Lionfisch

D’autant plus qu’on avait quelques problèmes avec le matériel. Mon Masque était embué en permanence. La moitié du temps je pensais que la visibilité n’était pas bonne jusqu’à ce que je pense à le rincer, et tout à coup…. j’ai vu la vie en couleur, mais un peu tard ! Björn aussi avait ses petits soucis : le bouton de son inflateur coinçait tout le temps donc il a été désespérément propulsé vers la surface. Une situation pas très agréable, étant donné qu’une remontée trop rapide peut conduire à la maladie de décompression. Dans l’ensemble, c’était donc plutôt une journée de plongée décevante.

Romantic moments in a paradise

Sipadan

Mais nous étions venus pour Sipadan. Le lendemain, Björn a eu plus de chance avec le matériel, mais pas moi. L’embout buccal de mon détenteur a dû être troué car j’avais régulièrement de l’eau salée dans la bouche. L’île de Sipadan n’est pas extraordinaire en soi mais le miracle se trouve sous le niveau de la mer.

diving at Sipandan island

La première plongée était au Sipadan south point. De merveilleux récifs de corail, une grande variété de poissons et un courant non négligeable nous ont accueillis. C’était parfois véritablement éprouvant d’avancer, de sorte que l’air s’est épuisée plus rapidement que d’habitude. Le clou de la plongée était un requin à pointes noires d’environ 1,80 m de long.

Grey reef shark

Sur le second site, le Barracuda Point, il y’avait carrément des dizaines de ces prédateurs côte à côte avec des bancs de barracuda énormes. Et enfin, nous avons rencontré notre première tortue de mer. Ce moment était magique. L’animal d’un bon mètre de long dormait confortablement entre les coraux et nous retenions presque notre souffle – pas une bonne idée en plongée – afin de ne pas le réveiller.

Les jardins suspendus

Mais le meilleur a été réellement gardé pour la fin : les Hanging Gardens ! Un mur de coraux qui descend jusqu’à 70 m, si profond qu’on ne voit jamais le sol. La sensation d’apesanteur est ici bien plus perceptible que lors de toutes nos plongées précédentes et les points de repères manquent. Björn s’est d’ailleurs laissé séduire par un joli poisson qu’il a suivi, puis a subitement disparu ! J’ai commencé à paniquer un peu, j’ai regardé à droite, à gauche, devant, derrière mais rien ! C’est en me penchant vers le bas que j’ai vu une vague silhouette s’enfoncer dans le gouffre noir. Le moniteur n’avait pas l’air d’avoir remarqué quoi que ce soit et était loin devant. J’ai alors plongé rapidement pour saisir le bras de Björn avant qu’il ne sorte de mon champ de vision. Il avait perdu tout sens de l’orientation et s’était laissé entraîner par le courant fort plusieurs mètres vers le fond, sans s’en rendre compte. Le reste du temps, nous l’avons passé main dans la main. Imaginez-vous s’il avait rencontré une sirène, je ne l’aurais plus jamais revu ! De mon côté je souffrais le martyr à cause du matériel de plongée : j’avais de l’eau salée dans la gorge, envie de tousser, cracher et j’avais très soif. Je devais en plus tout le temps inonder mon masque embué, ce qui fait que mes yeux et mon nez ont commencé à s’irriter. Je pensais sérieusement à remonter à la surface mais je ne voulais rien rater du spectacle ni gâcher le plaisir aux autres.

Turtle

Les jardins suspendus regorgent de tortues de mer qui se reposent dans des petites grottes. Elles nous ont regardés avec leurs grands yeux globuleux avant de prendre leur envol dans l’immensité de l’océan. Elles sont si belles, je ne pouvais plus me lasser de les regarder. Quand mes picotements de la gorge, des yeux et du nez se sont dissipés, le temps de plongée était écoulé ! Mais je ne voulais plus repartir tellement c’était grandiose !

Une grande rareté

Ce qu’on a vu sur le chemin du retour était exceptionnel. Soudain le guide de plongée a arrêté le moteur du bateau et a sursauté tout excité. « Mola, mola » a-t-il crié. Une gigantesque môle (poisson lune) de presque 3 m est apparue près du bateau. Curieuse, elle est revenue plusieurs fois vers nous et ne s’est pas laissée perturber lorsque nous avons courageusement sauté dans l’eau. Une bête de cette taille est si impressionnante que ça fait quand-même un peu peur. C’est vraiment incroyable ce que peuvent abriter les fonds marins comme créatures merveilleuses !

Sunfish mola mola

Infos pratiques

Pour aller depuis l’étranger mais aussi de la péninsule malaise ou de Bornéo elle-même sur l’île de Mabul, il faut prendre l’avion pour Tawau. Ensuite il faut rouler 1 heure à travers des plantations d’huile de palme en minibus (30 RM p.p.) ou en taxi (200 RM par taxi) pour atteindre la ville de Semporna puis prendre le bateau en direction de l’île.

Si tu veux faire de la plongée à Sipadan, tu devrais réfléchir si tu ne préfères pas dépenser un peu plus d’argent que nous pour avoir un matériel plus correct. Nous avons logé sur l’île de Mabul et organisé nos plongées de là avec Uncle Chang. Mais attention le nombre de plongeurs par jour est limité à Sipadan. Il faut donc réserver bien à l’avance. Tu trouveras ci-dessous une liste avec tous les centres de plongée locaux et les propositions qu’ils nous ont faites.

Centre de plongée Site Web Adresse Mail Séjour Plongées Prix
Sipadan dive center www.pulau-tiga.com sdc@sipadandivers.com 2J/1N 3(0S) 450 RM
Billabong Scuba www.billabongscuba.com bsds.sipadan@gmail.com 1J/1N 3(3S*) 550 RM
Uncle Chang’s www.ucsipadan.com/ world@ucsipadan.com 3J/2N

4Bed shared

5 (3S) 900 RM
Noble Inworld Resort www.sipadan.com info@sipadan.com 3J/2N 6 (3S) 1390 RM
Abdillah Sipadan Paradise www.borneo.org jworld@po.jaring.my 3J/2N 6 (3S) 1900 RM
Seaventures tours www.seaventuresdive.com/ info@seaventuresdive.com 4J/3N 9 (3S) 2480 RM
GTS travel service www.mataking.com sales@mataking.com 3J/2N 6 (3S) 3465 RM
Explore asia tours www.Sipadan-mabul.com.my information@borneodivers.info 7J/6N ? 3976 RM
Borneo Divers and Sea sport www.borneodivers.info information@borneodivers.info 5J/4N ? (3S) ?
Borneo Sea adventures www.bornsea.com bornsea@streamyx.com
Gayana eco resort www.gayana-eco-resort.com info@gayana-eco-resort.com
O2 diver international www.o2diver.com seaking@o2diver.com
Palau Sipadan Resort www.Sipadan-resort.com sepilok@po.jaring.my
Scuba paradise www.scubaparadiseborneo.com.my scubadiv@tm.net.my

J : jours, N : nuits, S : nombre inclus de plongées à Sipadan, * : pas de plongée garantie à Sipadan

1 Malaysian ringgit (RM) = 0.25 €

Bye, uncle shang




Un week-end chez les coupeurs de têtes : les Ibans

Après la Singapour moderne, nous voilà de retour en Malaisie, mais cette fois-ci sur l’île de Bornéo, encore couverte de forêt tropicale, dans l’état du Sarawak.

Beautiful Lemanak river

Nous avions grandement envie de connaître l’une des nombreuses ethnies malaisiennes, la plus redoutable étant celle des Ibans ou les « coupeurs de têtes ». Ils décapitaient très volontiers leurs ennemis ou même les membres des tribus voisines et conservaient les têtes, après les avoir fumées, en tant que trophées pour décorer leur maison avec. Le font-ils encore ? Cela est bien entendu interdit par l’état mais dans la seconde moitié du 20eme siècle, la chasse aux crânes se pratiquait encore. Et qui sait ce qui se trame dans les recoins les plus reculés de la jungle sauvage.

Hanging around in Sarawak Museum

Traditionnellement, ils habitent les maisons longues (longhouses) isolées dans la jungle, composées de plusieurs pièces voisines, en face d’un long corridor qui sert de pièce commune à toutes les familles.

Notre logement à Kuching, au Nomad Guesthouse, décoré avec beaucoup de goût, était justement tenu par des Ibans. Je ne me sentais pas tout à fait en sécurité. J’avais toujours toute ma tête, mais par contre, je me suis chopé des punaises de lits qui m’ont démangée atrocement pendant 2 semaines.

Tattoo from the Iban of our guesthouse

Pour rencontrer alors des Ibans, autres que ceux de notre guesthouse, on a dû passer par une agence de voyage. On ne peut pas rentrer dans une maison longue comme dans un moulin car il faut une invitation du chef, et on ne voudrait surtout pas offenser le chef des chasseurs de têtes. En plus, la plupart des longhouses ne sont pas accessibles par une route. Profitant du pouvoir des mots « coupeurs de têtes » et du fait qu’on dépend d’elles, toutes les agences proposent des excursions à des prix exorbitants, comparé aux prix des autres activités de la région et par rapport au fait qu’il ne s’agissait finalement que de passer une nuit chez l’habitant à dormir par terre dans le corridor avec d’autres touristes. Le moins cher qu’on ait trouvé devait nous coûter 480 RM (121 euros par personne). Bien sûr, il y aura aussi quelques chants et danses traditionnels (nagajat). Mais est-ce bien authentique tout ça ? On se sentait vraiment comme des touristes stupides. Après longue réflexion, on a décidé d’attendre le week-end suivant et donc de prolonger le séjour à Kuching car les Ibans célébreront le festival le plus important : la fête de la moisson (Gawai Dayak) qui a lieu chaque année le 1er juin. Et c’est l’occasion pour nous de voir une vraie cérémonie familiale au lieu des danses ordinaires pour touristes. Mais je savais que j’allais être très exigeante et partir de sale humeur. Tout de même, ils me fascinaient ces coupeurs de têtes et j’en avais vraiment peur.

Our own minibus

Nous avons pris la route au lendemain de mes 28 ans, le 31 mai 2011, dans un minibus. Nous étions tout seuls avec le chauffeur qui était aussi notre guide, d’origine chinoise. Il aimait bien se plaindre des malais paresseux. Notre stop déjeuner n’était pas très prometteur. Le repas dans un boui-boui était nul, puis il y a eu le passage obligé dans une épicerie pour offrir des crackers en pack XXL au chef de la longhouse. Comme par hasard, un autre couple de touristes achetaient les mêmes, mais en plus grande quantité.

The perfekt gift - XXL cracker

Au bout de 4 heures de route, une pirogue en bois et en sale état nous attendait. On s’est laissé bercer ¾ d’heure sur une rivière pas assez profonde, cependant la jungle faisait penser un peu aux paysages d’Indiana Jones. On était 3-4 couples allant dans la même direction, chacun venu dans un véhicule à 7 places, utilisant son propre bateau avec un guide privé qui ne racontait pas grand-chose ! On aurait pu quand-même économiser de ce côté-là en voyageant tous ensemble ! Encore une de ces sales agences qui profitent du touriste européen naïf ! Bon ok je me calme !

Start of the boat trip on the Lemanak river

our boat trip  on the Lemanak river

L’endroit est quand même beau et on a été bien accueilli. On a fait connaissance avec les habitants qui avaient l’air sympathiques. Ah voilà le chef de la longhouse très âgé et tout chétif. Oh, il a le fameux tatouage traditionnel sur son cou, donc selon les rites anciens, il a déjà décapité quelqu’un ! Au secours !

Iban Longhouse

Alors le pire moment est venu : chacun des touristes a remis en personne les paquets de crackers XXL au chef qui nous a remerciés en serrant la main et posant pour la photo. On avait donné le moins de crackers mais on s’en fiche. C’est ridicule, qu’est-ce qu’ils vont faire avec une tonne de crackers ? Les revendre à l’épicerie d’où on les avait achetés, peut-être ?

What to do now with all the Crackers

Björn s’est baigné avec les enfants de la communauté dans la rivière boueuse. Certaines femmes âgées se lavaient pas loin dans le même fleuve en paréo et se mettaient un peu à l’écart pour que les touristes ne remarquent pas leur poitrine dénudée. Mais chez les Ibans cela ne choque personne de voir sa mémé en topless. Rafraîchis, nous avons dîné avec notre guide qui a cuisiné de bons plats.

Playing in the river with Iban children

Ensuite, petits et grands ont dansé le « pocho pocho » en groupe sur la même chanson avec les mêmes pas toute la soirée. On a été obligé de se joindre à eux mais heureusement ce sont des pas de danse très simples. Puis on a eu quand même droit à la danse traditionnelle pour touristes. Ça se voyait qu’ils le faisaient chaque semaine, contrairement au « pocho pocho ».

Ngajat Iban danceNgajat dancing

Après ce programme obligé, retour aux festivités de la moisson. Un Gawai Tree, un arbre avec des cadeaux suspendus, se tenait au milieu de la véranda. On y voyait surtout des petites bouteilles de rice wine et rice whiskey. Chacun son tour devait tourner autour de cet arbre en dansant avec un grand sabre et une plume sur la tête pour couper la ficelle d’un cadeau (des ciseaux auraient suffit, non ?). 

Gawai treeWe unter the Gawai tree

Et quand le chef m’a tendu ce long sabre tranchant à la hauteur de mon cou, j’ai d’abord cru qu’il avait une intention malveillante. Oui je sais, j’étais un peu parano. Alors moi aussi j’ai dû me ridiculiser, comme les autres, en dansant autour de l’arbre à la façon d’un oiseau.

Maria dancing around the Gawai treeRicewine present

Le reste de la soirée, les gens ont continué à danser le pocho. Beaucoup de rice wine et rice whiskey a été consommé cette nuit-là. A minuit précises, des prières et chants chrétiens ont retenu toute notre attention. En effet, les coupeurs de têtes sont aujourd’hui pour la plupart des convertis très pieux. Ils ont étalé un dîner sur le sol et nous ont proposé de goûter à tout un tas de gourmandises. Enfin, Björn et moi nous sommes endormis à 2h du mat, complètement KO pendant que d’autres continuaient à faire la fête dans la même pièce. Tous les deux avons très mal dormis. Björn a fait des cauchemars et moi j’avais peur qu’on me coupe la tête, sérieusement !

Iban Longhouse from inside Eating together

Le lendemain matin, nous n’avions pas assez dormis, mais tout le monde était levé avant nous ! À 9h30 ils nous attendaient déjà depuis longtemps pour un petit-déj copieux. Nous nous sommes ensuite promenés avec le guide pour voir les champs de culture mais vite les moustiques par milliers nous ont fait fuir. Il fallait d’ailleurs insister pour la balade et d’autres choses qui étaient en fait prévues dans le programme. Il me tardait d’être au déjeuner pour goûter le riz et poulet préparés à la manière traditionnelle dans du bambou et fumés au-dessus d’un feu de bois. C’était malheureusement un peu sec.

Our Iban host preparing the Bamboo Meal Rice and chicken cooked in bamboo

Nous avons dit au revoir aux familles et avant de partir, l’un d’eux nous a fait une démonstration de sarbacane (blow pipe). Jadis, le peuple Iban utilisait des flèches empoisonnées pour la chasse. Enfin, Björn et moi, sommes retournés à Kuching en pirogue sur la rivière Lemanak puis en voiture, seuls avec notre chauffeur-guide-cuisinier peu bavard (à part pour se plaindre des malais).

Blow pipe demonstration

Avec du recul, je dirais que ce week-end n’a pas été très authentique, à part les moments où on a vu comment les familles Ibans ont fait la fête entre eux. Le rapport qualité-prix a été beaucoup trop cher. Ce n’est pas simple d’allier traditions et tourisme mais peut-être y a-t-il d’autres moyens d’apprendre à mieux connaître les tribus Ibans ou d’autres groupes ethniques. Il n’empêche qu’on s’est bien amusé et maintenant, j’ai moins peur de me faire couper la tête !




Notre expédition dans la jungle malaisienne : le parc national Taman Negara

Taman Negara, âgée d’environ 130 millions d’années, est l’une des plus anciennes forêts tropicales du monde. C’est aussi le premier et, avec une superficie de 4 343 km² le plus grand parc national de Malaisie. Björn et moi avons fait une randonnée de 2 jours, sans l’aide d’un guide, en passant la nuit seuls dans un abri. Cette incroyable aventure m’a fait adorer la randonné et nous a rapprochés de la nature.

En route pour la jungle !

A jungel view

Nous avons quitté la belle ville de Melaka, où nous avions fait notre expérience avec les crocodiles, pour nous diriger vers le centre de la péninsule malaisienne. Arrivés le soir dans la ville de Jerantut, nous avons passé la nuit à l’hostel NKS. « Demain départ à 8h30 pour la jungle ! » Nous avions hâtes d’y être !

Sungai tembeling river

Le lendemain donc, le vendredi 13 mai 2011, on nous cherche de l’hostel en mini-van pour nous déposer à l’embarcadère de la rivière Tembeling (à Kuala Tembeling). Nous gagnons la jungle Taman Negara après 3 heures de bercement sur une vieille pirogue en bois (long tail boat). Au lieu de me relaxer complètement, je suis trop préoccupée à planifier le trekking du jour suivant. Il y’a tellement de possibilités différentes !

Le village dans la forêt tropicale

Une fois qu’on atteint le village Kuala Tahan, il faut, comme d’habitude, marcher avec tous nos affaires pour trouver une auberge pas chère et sympathique. On a beau marcher dans la chaleur et nous relayer, aucun dortoir ne nous plaît vraiment ou bien Björn et moi ne sommes pas trop d’accord. Alors on s’assoit à l’ombre d’un arbre pour en discuter. C’est là qu’une espèce de guêpe 3 fois plus grande que la normale et très mince pique Björn au sourcil. On en a ras-le-bol ! Affamés, nous prenons finalement une chambre double plus coûteuse que ce que nous espérions au Teresek view Hotel (50 Ringgit la nuit = 12 euros) et nous nous précipitons au resto d’en face.

Jungel arts

L’attaque de la forêt vierge

Pendant que je commande, Björn se plaint que ça le démange partout. Il fait un saut à l’hôtel pour contempler son corps tout boutonneux. Revenu, il me rappelle Sylvester Stallone. Sa lèvre inférieure pend, puis son visage se met à enfler de plus en plus jusqu’à devenir tout gélatineux. Il ressemble à un monstre. Je panique, je demande à ce qu’on m’emballe le riz sauté (instinct de survie 😉 ), et on marche jusqu’à la clinique. Dieu soit loué, elle est à 5 min de marche. C’est parfois pratique, un village. Je m’en veux tellement de ne pas avoir pensé à photographier le visage de Björn ! Ça aurait été la photo du siècle ! L’infirmier nous demande si sa tâche de naissance fait aussi partie de l’allergie 😀 Donc voilà, Björn a eu sa première allergie à une piqûre de guêpe comme dans les dessins-animés. Après la légendaire piqûre au postérieur, Björn a dormi plusieurs heures comme un ours et c’est à moi de tout organiser.

Green forest

Préparatifs avant le trekking dans la jungle

Je rassemble quelques renseignements à droite à gauche qui ne me plaisent pas forcément. Un autrichien est revenu de son expédition dans la jungle avec les chaussettes en sang. Il paraît que la forêt regorge de sangs-sues, juste après la pluie des derniers jours. Au secours, je déteste ces bêtes gluantes ! Un guide racontait aussi qu’un groupe de Singapour s’était perdu et on les a retrouvés assoiffés au bout de 3 jours. Il disait que les gens de Singapour n’ont pas trop l’habitude de marcher. Puis que finalement même à lui, le guide, ça lui était déjà arrivé de se perdre ! Eh ben, ça promet !!! Surtout qu’on y va sans guide ! Pour moi, les trekkings dans la nature sont assez nouveaux. Le soir, il fallait acheter les provisions et préparer les sacs intelligemment. Pourvu que Björn guérisse vite ! Que faire si on se fait attaquer par des guêpes en pleine forêt ? (Et les serpents ?!)

Une nuit dans la forêt équatoriale malaisienne

Le jour du grand défi ! Répartition égale des tâches : moi je transporterai le peu de nourriture pour 2 jours et Björn la moustiquaire, le sac de couchage et… 12 litres d’eau. Au moins de cette façon, le trekking sera de difficulté égale pour nous deux et encore, je risque de m’effondrer avant lui.

La jungle du haut des cimes

Connopy walkway

Comme je suis motivée, on ne s’est pas levé trop tard. Le temps de petit-déjeuner et de s’enduire de produit anti-moustiques et on est prêt ! Déjà la chaleur malaisienne et surtout le taux d’humidité élevé se font ressentir. On traverse la rivière en bateau taxi, payons le permis du parc et nous sommes enfin dans la jungle. Dès le premier tronçon du canopy walkway, on a déjà l’impression d’être dans la forêt profonde. Notre première étape est le plus grand pond suspendu du monde. Il fait 510 mètres de long et la vue en haut de ses 45 mètres est superbe. Ça bouge pas mal là-haut !

Björn on the Cannopy walkway in Taman Negare National parc Maria on the Cannopy walkway in Taman Negare National parc

High up in the jungle

La deuxième étape, beaucoup moins drôle celle-là, est le parcours jusqu’au sommet de la colline Bukkit Teresik (344m). Par la chaleur de midi et avec moins d’arbres ombreux sur notre passage, on atteint le sommet en sueurs et complètement crevé (surtout moi bien-sûr). La vue n’en vaut même pas vraiment la peine, alors on en profite pour manger nos pâtes froides.

Bukit Turisek - Taman Negara

L’isolement de la forêt vierge

RootsTrekking in malaysia

LeechWhere to go? La descente est plus agréable. Petit à petit, les constructions humaines disparaissent et on ne rencontre plus personne. Les arbres sont si grands et leurs troncs si larges. Leurs racines immenses serpentent le sol, de sorte qu’il faut faire constamment attention à ne pas trébucher. A plusieurs reprises, on doit réfléchir à quel chemin prendre. On longe la rivière avant que le sentier ne disparaisse et qu’on se rende compte qu’on s’est trompé. Il faut donc retourner à la bifurcation et pénétrer plus profondément dans la forêt. Notre but est d’atteindre le refuge Bumbun Tabing avant la tombée de la nuit. Un groupe de jeunes gens viennent ensuite à notre rencontre. Ils sont heureux de nous apercevoir car ils n’ont pas vu âme qui vive depuis 5 heures. Ils marchent en tongs et l’un deux tient les siennes, qui se sont déchirées, à la main et ses pieds nus sont en sang. Ils sont fous ces Australiens ! Ah là là les sangsues n’ont pas l’air d’être bien loin ! Il faisait de plus en plus sombre et le sol devenait très mouillé. Et effectivement, la première sangsue avec sa tête chercheuse fait son apparition. Berk !

Notre gîte pour une nuit inoubliable

Bumbun Tabing - Nachsitz im Taman Negara A home in the rainforest

Björn having a rest

On se dépêche et, après une demi-heure enfin, on aperçoit un pont en béton cassé qu’il faut franchir pour arriver au refuge. L’abri est très simple, sur des piliers heureusement, ce qui repoussera quelques animaux. Ouf, il n’y a personne d’autre dans le refuge qui pourrait déranger notre intimité. Par contre, Il n’y pas non plus de porte donc n’importe quelle bête pourra nous rendre visite pendant notre sommeil. Une grande fente ouverte offre une belle vue panoramique. Les toilettes sont sales, il n’y pas d’électricité mais le plus grave : il n’y a pas d’eau courante donc hélas, nous ne pourrons pas nous doucher. Je nettoie les planches des lits et accroche notre moustiquaire qui fera guise d’anti-bestioles indésirables. Il faut aussi suspendre la nourriture avec une corde pour rendre la vie un peu moins facile aux rongeurs.

Sleeping in the jungel

S’endormir, bercés par les bruissements de la nature

Leech on my back Leeches everywhere

Pendant ce temps, Björn collecte du bois pour faire du feu mais aussi 5 sangsues par la même occasion, dont 2 au cou.

Ces horreurs pullulent dans le ruisseau. Heureusement, on a été prévoyant en achetant 1 kg de sel et effectivement ça marche : elles assèchent et tombent quasi toutes seules. Je me déshabille : Dieu merci, je n’en ai aucunes ! Nous essayons ensuite d’allumer un feu avec des branches humides. On est trop nul ! Enfin, la 3eme tentative est la bonne ! Nous mangeons le contenu d’une boîte de conserve au dîné et l’utilisons comme casserole pour faire bouillir de l’eau et déguster ensuite nos nouilles instantanées bien méritées. On entend les animaux de partout, c’est magique mais malheureusement, on n’en voit aucun venir s’approcher pour étancher sa soif. Nous nous endormons ensuite, épuisés, sur la planche en bois dure, dans nos habits toujours mouillés par la transpiration. La nuit est obscure, nous nous sentons totalement coupé du monde extérieur, avec comme seul signe de vie, un bruit de forêt incroyablement fort, prouvant que finalement, nous n’étions pas si seuls…

A night in the forest

Plus profondément dans la forêt équatorial du Taman Negara

Ma nuit n’a pas été trop mauvaise, juste un peu froide. Björn a eu du mal à dormir sans matelas, directement sur une planche. Mais l’important est qu’on n’ait pas trouvé de serpent trop curieux dans notre lit et que notre nourriture soit toujours là. Miam, on pourra prendre le petit-déjeuner avec des délicieux toasts au kaya (confiture de lait de coco).

Un matin dans la jungle infranchissable

Maria and the roots Björn and the roots

Si nous retournons directement à l’entrée du parc, ça nous prendrait environ 3h. Mais le parc national est immense et nous n’en avons vu qu’une toute petite partie. Alors nous décidons de nous éloigner encore plus vers le nord en nous orientant en direction du mont Tahan. Au bout d’1 heure de marche, nous rebrousserons chemin. La forêt tropicale devient alors de plus en plus humide et dense. Et les sangsues sont partout. Dès que tu t’immobilises quelques secondes, elles te cherchent avec leur tête levée et rampent incroyablement vite pour grimper sur toi. Gorgées de sang, elles grossissent et deviennent hideuses. Plusieurs se mettent à grimper sur mes chaussures et mon pantalon malgré les avoir saupoudrés de sel. On les enlève et pour avoir la paix, je marche comme jamais dans ma vie à une vitesse marathonienne. Au bout d’une heure, de toute façon, la piste avait disparu. Il aurait fallu ramper entre les broussailles pour continuer. Ca sera pour une autre fois et il faudra emmener un guide et un sabre pour se frayer un chemin. Nous faisons demi-tour et continuons à la même vitesse, presqu’en courant, sans même faire une pause pour boire un peu. Cette fois, nous rencontrons toute une bande de coréens costauds, avec de très grands sacs à dos qui suivent le guide à pas de course. Ils sont en short ! (donc faciles d’accès aux sangsues). Sûrement ils font le trek le plus difficile de 9 jours jusqu’au Gunung Tahan, dont le sommet est à 2,187 m d’altitude. Waw, c’est impressionnant !

Natural steps width= Maria on natural steps

Nice jungle trekking Through the jungle

Les dangers de la jungle

Nous décidons de faire la pause de midi au refuge. Cette fois-ci, j’ai voulu enjamber le pont cassé sur le côté et crac, un morceau s’effondre sous mon pied. Je tombe en criant et ma jambe reste coincée dans la fente du pont au-dessus du ravin. Björn essaie tout de suite de me tirer mais le terrain est glissant et ça me fait de plus en plus mal. Le ravin n’est pas profond mais je n’ai quand-même pas envie de me casser une jambe au milieu de nulle part ! C’est là que j’entrevois une petite racine, que j’utilise comme marche. Pff, ben ils pourraient quand-même réparer ce pont ! C’est plus dangereux que s’il n’y en avait pas du tout. Nous faisons alors une pause plus longue pour recouvrer nos esprits en mangeant un délicieux thon en boîte.

Broken BridgeRainforest animal

Le chemin du retour

Le retour se déroule sans histoires. Nous nous arrêtons à un village abandonné puis ensuite à la rivière Lubok Simpson pour nous reposer. Il s’est mis à pleuvoir, donc il fallait rentrer vite. Dommage qu’on n’ait pas vu d’animaux à part les quelques papillons (très beaux), des salamandres, écureuils et surtout des sangsues. En fait, il aurait pu y avoir un gros mammifère à quelques mètres de nous, on ne l’aurait jamais remarqué à cause de tous les arbres qui forment un mur impénétrable. Mais la végétation est superbe : les lianes et les racines s’enlacent en créant parfois des sculptures très artistiques.

Artistic roots Artistic root Art of roots

Retour à la civilisation

En tout, nous avons effectué ce week-end au moins 15 km de marche en 9 h (les pauses ne sont pas comptées). Répartis sur 2 jours, ce n’est pas un grand problème. Quelqu’un d’entraîné y arriverait en un jour. Mais avec les sacs, la T°C élevée, l’humidité, les montées et le terrain difficile, ça a été très exténuant, toutefois une expérience géniale ! Le soir, après un dîner et une bonne douche, on s’est écroulé à 21h00 sur le lit et avons rêvé de notre prochaine destination du lendemain : cette fois, la jungle urbaine de Singapour !

FIN

Symetricly grown




« One Malaysia », la cohabitation parfaite de différentes cultures ?

La Malaisie est un joyau oriental au cœur de l’Asie du Sud-est. Quel changement One Malaysiade voir des femmes asiatiques très coquettes portant un voile coloré assorti à leur tunique et orné de petites pierres et brillants, des hommes avec des tarbouches noirs assis sur leur moto, et aussi d’entendre de la musique qui rappelle celle du Maghreb à chaque coin de rue. Mais en même temps, juste à côté de majestueuses mosquées, on voit apparaître des temples hindous et chinois resplendissant de beauté. On trouve dans chaque ville un Chinatown effervescent et un quartier Little India qu’on reconnaît à sa musique Bollywood retentissante. Même la cuisine montre une grande diversité : malaise, chinoise, indienne, indo-malaise, et malais-chinoise (Baba-Nyonya). À première vue, ces cultures vivent en parfaite harmonie côte à côte. Le concept d’une Malaisie unifiée est représenté par le drapeau national en forme du chiffre 1 : « One Malaysia ».

Malgré la grande différence de langues, religions et traditions, trois grandes communautés vivent sur le sol malais. 61,4 % constituent les Bumiputra (« fils du sol »), les malais de souche musulmans et les différents groupes indigènes; 23,7 % sont chinois, pour la plupart bouddhistes ; et enfin 7,1 % sont indiens, en grande partie originaires du Tamil Nadu et de religion hindouiste. La langue utilisée par les malais est le Bahasa Melayu, les chinois parlent à part le cantonais et le mandarin aussi maintes autres dialectes et les indiens communiquent en tamoul. Mais ça ne s’arrête pas là : en Malaisie plus de 140 langues et idiomes sont usuels. L’anglais, apparu lors de la colonisation britannique, représente la seconde langue officielle du pays.

Hindu temple 2 - schmalCheng hoon teng - malaisias oldest chinese temple (1646), Melaka - schmalMasjid Jamek, Kuala  - schmal

L’idée « One Malaysia » émane du premier ministre Najib Razak en 2010. Elle est censée améliorer le dialogue, faciliter l’échange culturel, ainsi que permettre de combattre les préjugés entre les différents groupes ethniques. Le but est que les malais de diverses originesVaisakhi, sikh new year festival, Kuala Lumpur se sentent plus proches et développent un sentiment plus fort d’appartenance à une seule nation. Najib Razak explique sur son site web 1malaysia.com.my que le concept « One Malaysia » varie considérablement de la notion d’assimilation, pratiquée dans d’autres pays où les identités ethniques sont balayées et remplacées par une seule identité nationale homogène. Concrètement, cela se traduit entre autres par l’organisation de manifestations culturelles, telles que la cérémonie du nouvel an indien sikh, Vaisakhi, entièrement gratuite, à laquelle nous avons assisté et qui a été inaugurée par le premier ministre.

Mais au fur et à mesure que nous découvrions la Malaisie, nous avons remarqué que tout n’était pas si simple et harmonieux que nous le croyions. Les groupes ne se mélangent guère et les clichés du genre : les indiens sont vaniteux, les malais ne savent pas gérer l’argent et les chinois ne sont pas des personnes de confiance, subsistent malheureusement. On en a pris conscience le jour où un malais d’origine chinoise nous a confié que les malais autochtones seraient plus stupides ou du moins plus paresseux que les chinois, sinon ils n’auraient pas besoin de recevoir une aide de l’état.

Malai people love to eat outside

En effet, les trois communautés ne sont pas égales sur le plan social, ce qui peut devenir une source de tension. Les chinois, ne formant qu’un tiers de la population, détiennent 90% des richesses, ce qui a conduit en 1969 à des émeutes antichinoises. C’est là que le gouvernement a prit la décision, avec la politique Bumiputra, de discriminer positivement les malais de souche, à l’aide de quotas et de favoritisme. De cette façon, les Bumiputra peuvent acquérir des biens immobiliers à des prix plus avantageux, obtenir plus facilement des prêts financiers ou une place à l’université. Bien sûr cela ne plaît pas aux chinois, qui de leur côté, ne préfèrent recruter que des chinois dans leurs entreprises.

Central market, Kuala Lumpur

Tout ceci pourrait être la cause de nombreux conflits interethniques. Mais il faut espérer que la bonne entente perdure entre les différentes communautés. Les malais, chinois et indiens cohabitent depuis des siècles, c’est pourquoi les gens sont si ouverts et ont un grand respect pour la tradition et la religion de l’autre. Pour moi, la tolérance en Malaisie est un exemple à suivre pour le reste du monde. Les malais sont les personnes les plus chaleureuses que nous ayons rencontrées lors de notre voyage. Cela me fait mal au cœur, que beaucoup de globe-trotters sur notre passage aient préféré zapper la Malaisie, sous prétexte que c’est un pays musulman et que donc faire la fête et boire de l’alcool serait soit difficile, soit trop cher. À mon sens, ils ont manqué un merveilleux pays dont la diversité culturelle mais aussi les paysages sont exceptionnels.




Ein Flirt mit Urzeit-Monstern – den Krokodilen so nah wie nie

Terima kasih banyak kepada semua kawan dari Taman Buaya Melaka

It was an amazing time with all of you. You are a great and very friendly team. Thank you a lot. We will never forget you and our first contact with crocodiles.

Björn & Maria

Cet article est dédié à la ferme aux crocodiles Taman Buaya Melaka en Malaisie. Là, nous avons eu la chance de pouvoir faire quelques jours de bénévolat en nous occupant d’animaux extrêmement dangereux : les crocodiles.

A saltwater crocodile

Dans la chaleur malaisienne, nous avons pu balayer et nettoyer l’enclos des crocodiles à 2 mètres d’une bonne vingtaine de ces bestioles. Le nettoyage le plus palpitant de notre vie !

working near the crocos !

Nous nous sommes aussi entraînés à faire reculer un crocodile à l’aide d’une perche en bambou. Chez moi le crocodile a mordu à chaque fois la perche avec une puissance de mâchoire phénoménale et j’ai dû vite prendre mes jambes à mon cou.

Bjoern is learning how to push a croc out of the pond Maria is learning how to push a croc out of the pond

Les mamans-crocs qui gardent leurs œufs, sont les plus féroces de tous.

a female protecting her eggs

Pour changer, nous avons pu aussi effectuer des tâches moins dangereuses, telles que nettoyer la grande volière ou mieux encore : nourrir et caresser les raton laveurs effrontés et les coatis tout mignon. On leur a même bricolé une construction en branches d’arbres comme aire de jeu.

Maria feeding the raccoons

Bjoern with the south american coati coati playing on our construction

La honte : nous avons réussi à nous enfermer dedans. Heureusement que ce n’était pas la cage aux crocodiles ! 😉 (Au fait de temps en temps quelqu’un oublie de refermer la cage et d’après une rumeur un crocodile a déjà été retrouvé au bord de la piscine.)

Le personnel a été formidable et nous a chouchoutés, nous a invités à manger presque à chaque fois, nous a ménagés pendant la chaleur de l’après-midi, a veillé sur nous et nous ont même offert un vrai pendentif en dent de crocodile, fait par Yusof lui-même. Ils se sont tous demandé, comment il se fait que deux étrangers veuillent bien faire leur « sale boulot » gratuitement. Pour eux aussi c’était une grande première.

Our Crocodile-Team was so friendlyYusof

the swimmingpoolEn tout cas, ce fut une expérience unique pour nous. Mais nous voulons en savoir plus sur ces bêtes féroces. Malheureusement le parc à crocodiles de Melaka ne fait pas d’élevage et nous avons raté comment ils les nourrissent. Sinon c’est un petit parc très sympa, surtout pour les enfants. Il y’a aussi une piscine peu profonde, une maison hantée et quelques autres attractions. L’emplacement est très bien choisi, juste en face du zoo. Sauf que ça prend pas mal de temps en bus pour venir jusqu’ici.

Thank you mister Hasbi Yussof (manager of the parc)

Thank you mister Hasbi Yusof!

Zet at the croco showIsse is puting a Dollar in the crocodiles mouth

Zeth et Isse risquent main et tête.

Infos pratiques : à partir du centre ville de Melaka il faut aller à la station de bus Melaka Sentral puis prendre le bus 19 par exemple (entre 2,00 et 2,60 Ringgit) jusqu’au zoo. Tout le trajet prend au moins une heure. Les tickets d’entrée coûtent 5 Ringgit en semaine et 8 Ringgit le week-end. Pour profiter de la piscine, il faut payer 10 Ringgit indépendamment du jour. Au retour, il faut souvent attendre longtemps avant qu’un bus n’arrive.