Australie – Road Trip acte 2

Circuit de 1539 km dans le Red Center (Alice Springs et Uluru)

La première étape de notre Road Trip du Nord au centre de l’Australie nous a enchantés. Nous comptions découvrir maintenant la capitale du centre de l’Australie : Alice Springs ainsi que les paysages désertiques environnants avec comme summum le fameux rocher rouge Uluru (Ayers Rock) qui ne nous a pas déçus !

Map Redcenter roadtrip

1 – Alice Springs

Dès notre arrivée à Alice Springs, nous n’avons pas chômé. Nous savions que le facteur limitant de la fin de notre voyage ne serait pas le temps mais l’argent. Nous avons distribué nos CV à quelques hôtels, histoire de travailler en échange de l’accommodation (hébergement) gratuit, comme beaucoup d’autres backpackers font, mais il n’y avait hélas aucune opportunité.
Malgré le fait que la ville ne soit pas très grande et que les grands parkings vides pourraient nous permettre de dormir gratuitement dans la voiture et à proximité du centre, nous ne l’avons jamais fait. Ces endroits avaient l’air plutôt mal fréquentés. Beaucoup d’aborigènes alcooliques traînaient par là et attiraient les flics.

Aborigines in Alice Springs_Road Trip

Pour ne pas avoir d’ennui, nous devions chaque soir sortir de la ville et roulions en moyenne une demi-heure The Tropic of Capricorn_Road Trippour trouver un endroit où passer la nuit dans la voiture. On choisissait la plupart du temps le parking du Simpson Gap ou celui du tropique du capricorne à 30 km d’ici.

On a aussi dormi sur une piste juste à 10 km d’Alice Springs avec de superbes couchers du soleil, typiques en Australie, mais comme une personne louche nous observait 2 nuits de suite, on a préféré changer d’endroit.

On est dans le désert. Les nuits étaient tellement froides (autour de 0°C) par rapport à la journée, qu’on mangeait et se brossait les dents sans sortir de la voiture.

Where we slept near AS_Road Trip

Il fallait quand même, comme chaque soir, sortir de la voiture pour vider le coffre (= notre chambre à coucher) et poser tous nos biens sur les deux sièges avant, sachant que chaque matin on allait devoir remettre tout en ordre pour pouvoir reprendre la route.

MyCar Guesthouse_Road Trip
La ville d’Alice Springs n’a pas l’air très agréable mais il y a quelques visites intéressantes à faire : le 1er hôpital de la ville Adelaide House (1920)…

Adelaide House in Alice Springs_Road Trip

…le flying doctor, créé par l’aviateur Flynn (premier service d’ambulance aérienne mondiale)…

Flying Doctor Service - Red Center Australia_Road TripFlying Doctor Service - Red Center Australia_Road Trip

…puis il y a The Residency, l’ancien siège du gouvernement ; l’ancienne prison Old Stuart Town Gaol et la vieille station télégraphique (visitée en cachette car nous sommes entrés avant l’ouverture, sinon le prix est de 8$).

Telegraph station in Alice Springs 1_Road Trip

…et depuis la colline Anzac Hill, on peut voir l’ensemble de la ville.

View over Alice from ANZAC Hill_Road Trip

Mais ce qui nous a particulièrement plu c’est le marché Todd Mall (2 fois par mois) et surtout le cours de didgeridoo : cet instrument traditionnel aborigène est bien plus difficile à jouer qu’il n’en paraît, il faut énormément de souffle.

Didgeridoo class in Alice Springs_Road Trip

Ce que nous avons manqué : The school of the air : un enseignement à distance destiné aux élèves résidents dans les régions reculées d’Australie qui se faisait par radio en 1950 et qui se poursuit aujourd’hui, surtout par le biais d’internet.
En attendant les résultats de nos candidatures, nous avons effectué un circuit d’une semaine. Nous avons roulé environ 1600 km dans le désert australien de sable fin et rouge : le Red Center.

2 – Gorges et points d’eau au centre du désert
  Alice Springs – Parc national MacDonnell Ouest – Alice Springs (environ 264 km)

Le Parc national MacDonnell Ouest est constitué d’une chaîne de montagnes, de gorges et de points d’eau dans un paysage sinon plat et sec. L’excursion peut se faire en une journée. Nous avons profité des lieux bien aménagés pour faire la grande vaisselle dans les gorges Simpsons Gap, puis avons pique-niqué et trempé nos pieds à la belle plage du point d’eau de l’Ellery Creek Bighole.

West MacDonnell Ranges - Chilly bighole waterWest MacDonnell Ranges - Ellery Creek Bighole

À Ochre pits, on peut admirer l’ocre coloré qui sert de peinture aux aborigènes. A Ormiston Gorge, nous avons fait la petite promenade qui mène jusqu’au Ghost Gum lookout pour les « arbres à gomme fantôme » et la belle vue sur les gorges.

West MacDonnell Ranges - Orchre PitsWest MacDonnell Ranges - Ghost Gum lookout

Nous avons aussi roulé jusqu’au Tylers Pass Lookout pour voir le cratère de la météorite Tnorala (gosse bluff), que malheureusement l’on entrevoyait à peine. Au retour, nous avons fait un stop au belvédère du mont Sonder qui est magnifique au coucher du soleil.

West MacDonnell Ranges - Mont Sonder_Road Trip

Nous nous sommes arrêtés pour la nuit 80 km avant Alice Springs sur une aire de repos. Là, nous avons expérimenté notre premier « bush tucker » (plat du bush), un « Damper », qui est un pain de brousse australien cuit dans la braise, mais malheureusement Kings Canyon - Campfire_Road Tripnous l’avons mangé cramé accompagné de saucisses cramées aussi, mais quand on a faim, on mange tout.

Préparer un bush tucker est après tout pas toujours si facile. On peut le cuire tout simplement dans les braises d’un feu de camp ou, bien, plus aventureux, construire un four naturel à partir de pierres chauffées sur les braises puis enterrées dans le sable rouge. On peut y enfouir ses patates ou bien son damper, protégés par du papier aluminium. D’ailleurs, enterrées avec les braises, les pierres restent chaudes jusqu’au lendemain et permettent de se chauffer un café sans devoir rallumer un feu de camp.
Le lendemain, nous avons fait un saut à Alice Springs, histoire de se doucher et de se réapprovisionner.

3 – Uluru

Alice Springs – Uluru (470 km) 5 heures

Après de longues heures enfermés dans la voiture, nous avions hâte d’être à Uluru. En s’y rapprochant, dès qu’on voyait un gros rocher rouge isolé au milieu du sable, on pensait que c’était lui et notre cœur s’emballait. On prenait chaque gros caillou en photo.

Not Uluru, Mount Conner_Road Trip

Mais ce n’est qu’1 min avant le coucher du soleil que nous avons atteint le parc national d’Uluru. Cette fois-là, Kings Canyon - Flowers_Road Tripnous n’avons pas rechigné à payer les droits d’entrée de 25$ (valables quand même 3 jours), surtout quand on a vu l’énorme rocher très rouge au milieu de nul part, dressé sur un terrain complètement plat ! Et il était entouré d’herbes vertes et de fleurs multicolores, incroyable !

Uluru National Park - Sunset view_Road Trip

Comme il est interdit de camper dans le parc, nous sommes sortis en plein bush (brousse). Dans l’obscurité totale et au milieu de hautes herbes desséchées, un serpent pourrait facilement se cacher. Malgré ma hantise, cela ne nous a pas empêché de cuisiner de bons spaghettis à la bolognaise.

Nous avons donc attendu le lendemain matin, pour explorer ce sacré rocher. Il l’est vraiment pour les aborigènes.Uluru NP - Mala Walk_Road Trip

Malheureusement, certains touristes inconscients s’en contrefichent et bravent l’interdiction de le gravir, en mettant en plus leur vie en péril.Resting during Uluru Base Walk

Lors du tour guidé gratuit Mala Walk, qui était très intéressant, le ranger nous expliquait que souvent les hélicoptères devaient rapatrier les touristes blessés ou déshydratés. Le rocher a en effet une paroi très raide et lisse.

Nous avons donc préféré ne pas nous aventurer au-dessus, mais plutôt autour du rocher (base walk de 10,6 km). Cela nous a pris 3h40. Le terrain est parfaitement plat mais le soleil tape si fort que des haltes s’imposent.

Maria in front of Uluru NP_Road Trip

Pour prendre les meilleures photos du rocher au coucher du soleil, il faut aller au car sunset viewing. Ensuite, nous avons vu la suite du spectacle au Talinguru Nyakunytjaku viewing : là le soleil se couche derrière le second rocher du parc national : Kata Tjuta (Olga), qui n’est pas aussi connu qu’ Uluru mais qui, je trouve, a de beaux contours arrondis.

Uluru National Park - Kata Tjuta - Olga in sunset_Road Trip

Et une autre surprise nous attendait : Myriam, la voyageuse en solo belgo-tunisienne avec qui nous avions sympathisé à Chiang Mai, en Thaïlande ! Quel hasard ! Le monde des backpackers est décidément bien petit car nous rencontrerons par la suite Myriam une seconde fois par hasard lors d’une excursion sur les glaciers de Nouvelle Zélande !

Uluru National Park - Myriem & Maria_Road Trip

Björn et moi avons poursuivi notre belle soirée en dînant en amoureux sur les tables de pique-nique du centre culturel. Mais un ranger nous a chassés du parc et escortés pendant 15 minutes en voiture jusqu’à la sortie : nous nous sommes donc retrouvés de nouveau dans la brousse.
Le matin du jour suivant, je me sens faible et j’ai mal à la gorge. Cela fait tout de même un mois que nous vivons au grand air et que nous dormons dans notre voiture. Et surtout le contraste des nuits froides avec la grosse chaleur des journées devient éprouvant. Nous voulons explorer cette fois le rocher Kata Tjuta de plus près mais je n’ai pas la force de faire le trekking Valley of the winds de 4 heures en entier. Nous l’avons juste commencé jusqu’au Karu lookout puis avons fait la marche d’1 heure du Walpa Gorge.

Uluru National Park - Walpa Gorge - Björn climbed a navel_Road Trip

Nous nous sommes installés ensuite à une table de pique-nique au Sunset viewing avec une vue magnifique sur le rocher. Cette fois pour le dîner, nous avons cuisiné notre recette habituelle australienne : bonnes pâtes (pas chères) carottes fraîches (du supermarché), tendre cervelas (stocké dans la voiture), sauce italienne aux épices méditerranéennes (et aux conservateurs), petits pois (en conserve) et parmesan (stocké également dans la voiture) : miam, un vrai régal, je vous assure !

Uluru National Park - Pick nick at Cultural center_Road Trip

On a bien mangé, bien bu, avons joué aux dés en regardant le coucher du soleil. Mais vers 18h, le même ranger que la vieille, Mike, nous a gentiment demandé une nouvelle fois de tout remballer et de déguerpir. Ah sincèrement j’envie son boulot de travailler en plein air sur un site aussi magnifique.

4 – Sel blanc et roches rouges
Uluru – Kings Canyon (Warrtaka Np) 325 km

Nous avions dû donc prendre le volant pour 150 km, dépassé plusieurs aires de repos, avant d’en trouver une avec toilettes. Nous avons essayé durant cette virée nocturne de ne pas écraser d’animal, chose pas évidente, compte tenu de l’obscurité et de notre joyeuse humeur… Puis, pendant qu’on dormait, une souris s’est faufilée dans la voiture. Heureusement qu’il n’y a que Björn qui l’ait vu ! Notre aire de repos était pourtant comme beaucoup autres : une énorme citerne d’eau potable, 2-3 bancs et des poubelles. Si on a de la chance, comme cette fois-ci, des WC à compost sont présents. Mais souvent il n’y avait que ce que dame nature a à offrir.

A typical restarea in Australia_Road Trip

Apparemment ce sont les poubelles qui ont attirés les souris, à défaut de trouver des provisions chez les touristes.

Au petit matin, la dune située derrière notre aire de repos m’a rendu curieuse, nous qui sommes habitués aux terrains plats. Après l’avoir gravie, j’ai découvert une grande étendue blanche et déserte qui ne figurait pas sur notre carte: c’était un lac salé ! On avait l’impression de marcher sur de la neige qui nous aveuglait, sauf qu’en s’enfonçant, dessous c’est de la boue noire qui apparaissait. Ça donnait un super contraste.

Footprint in a Saltlake - Australia_Road Trip
On a ensuite roulé jusqu’au Kings Canyon : la marche Kings Creek Walk de 2,5 km est plutôt facile car on marche au pied des falaises.

Kings Canyon - welcoming visitors_Road Trip

Kings Canyon walk_Road TripKings Canyon - Enjoyable Creek walk

On n’avait pas le droit non plus de dormir dans ce parc, donc on s’est installé sur une piste, puis avons retenté de cuire sur la braise le pain de brousse australien (damper). Cette fois-ci, ça a marché ! (recette en bas de page *)

Kings Canyon - at the end of the walk_Road Trip

Le lendemain, nous avons fait le trek de 6 km (Kings Canyon Walk, 4h30) qui est assez fatiguant car on marche sur le canyon en montant pas mal de petites pentes, sous un soleil ardent.

Kings Canyon - Björn over the creek_Road TripKings Canyon - Maria climbing_Road Trip

Kings Canyon - hanging over the ledge_Road Trip

Mais le paysage de pierres est très beau et le trou d’eau permanent du « Jardin d’Éden » permet Kings Canyon - Whos that_Road Tripde se reposer à l’ombre et au milieu de la verdure. On est revenu assoiffé ! Arrivés à l’air de repos, une bonne douche froide à l’indienne derrière un arbre, à quelques mètre de la route, nous a fait le plus grand bien. Nous avons même réussi à laver notre linge à la main !

Red Center road trip - shower_Road Trip
5 – Retour à Alice Springs

Kings Canyon – Alice Springs (480 km)

Nous avons dîné avec une bonne salade de pâtes préparée la veille, puis, complètement KO, nous nous sommes endormis dans la voiture, 120 km plus loin sur la prochaine rest area en direction d’Alice Springs. Ici, nous nous sommes permis pour une fois une bonne grasse matinée. Ces endroits bien simples offrent souvent l’occasion de rencontrer d’autres voyageurs. C’est sur une aire de repos qu’on a appris le terme « grey nomades ». Ce sont des nomades australiens qui ont des cheveux gris et assez de temps et d’argent pour découvrir l’Australie en 4×4, version luxe, avec un peu plus de confort que notre Ford Falcon.

Luxery camping - Grey Nomads in Australia_Road Trip

Ensuite, nous avons parcouru les 300 km en voiture qui nous séparaient de l’aire de repos la plus proche d’Alice Springs (60 km). Nous nous sommes couchés tôt car demain Björn et moi avons un entretien d’embauche chez… Mac Donalds !
Le lendemain, un vendredi, nous avons atteint AS et avons rencontré le manager du Mac do. Comme il était en retard, il nous a fait passé l’entretien à Björn et moi en même temps, ce qui me rassurait à cause de son fort accent australien. Ça s’est bien passé mais il faudra attendre son mail lundi. C’est frustrant car d’un côté on a besoin d’un job mais de l’autre on avait pas envie de croupir ici ! On a dit qu’on serait prêt à travailler 3 mois, alors que c’est faux. On a Profité du Week-end pour s’habituer à se lever tôt car au Mac do, il faudrait commencer à partir de 6h du mat :-( Et on en a surtout profité pour chercher un appart à louer. Le moins cher que nous avons trouvé à Alice Springs pour une durée d’un mois c’est 160 $/semaine en colocation avec un pauv’ gars que sa femme venait de quitter.
Comme mardi on n’avait pas eu de nouvelles du Mac do, on y est allé : ils ne nous veulent pas car ils cherchent des gens qui restent au moins 6 mois. On a perdu notre temps dans cette ville pour rien ! Cela ne nous a pas empêché de manger au Mac do ce jour là pour profiter du wifi ;-). Finalement tant mieux car je ne voulais pas bosser dans un fast food mais plutôt dans un parc national ou une ferme aux crocos, donc nous avons de nouveau envoyé des candidatures et nous nous sommes enfin mis d’accord pour continuer notre road trip jusqu’au sud, enfin !

*Recette pain de brousse damper :

500 g de farine, 1,5 cuillère à café de sel et de l’eau

Mélangez la farine et le sel avec environ 3 cuillères à soupe d’eau puis remuez jusqu’à ce que la pâte devienne lisse (si nécessaire rajoutez un peu d’eau). Puis malaxez afin d’obtenir une grosse galette. Emballez la pâte dans du papier aluminium et posez-la sur de la braise, puis couvrez-la également de braise. Temps de cuisson environ 30 min. Savourez le pain avec du beurre. Comme alternative, cuisez la pâte dans une casserole en fonte avec couvercle, le dénommé Campoven, sur de la braise. Pour ceux qui veulent essayer dans un four traditionnel, cuire le pain sans papier aluminium environ 30 min à 180 °C.




Australie – Road Trip acte 1

Du Top End au Red Center (1843 km)

Nous voici prêts pour l’aventure! C’est le 16 août 2011 que nous commençons notre long road trip à travers le désert australien (Outback). Armés d’une carte et d’une boussole, nous traverserons l’Australie du Nord tropical aux terres fertiles du Sud, en passant par le centre rouge. La direction est assez simple : il n’y a qu’une seule route qui relie Darwin à Adélaïde : la Stuart Highway qui réserve sur ses 2834 km de longueur bon nombre de surprises et d’aventures.

1 – Le Top End

De Darwin au Parc national Litchfield (163 km)

Quel plaisir de conduire dans ces vastes étendues ! Dès que l’on quitte la ville de Darwin, on sent déjà qu’on est seul au monde rien qu’on regardant sur son portable : plus de réseau du tout pour les prochains 1000 km. A chaque fois, que l’on quittait une grande ville, on prévenait nos familles qu’on ne serait plus joignable pendant une bonne semaine. En Asie, on avait jamais ce problème, pourtant !

Nous nous imaginions la Stuart Highway complètement rectiligne mais elle présente même quelques virages, pour changer un peu.

Dès qu’on arrive au parc national Litchfield, une multitude de drôles de tas de terre de la forme d’un menhir attirent l’attention du visiteur : les Magnetic termite mounds. Ce sont des termitières gigantesques orientées Nord-Sud avec une précision mathématique pour permettre aux millions de petites termites boussoles qui l’ont construites de se protéger de la chaleur.

Termitière Litchfield Termitière termites boussoles Litchfield

Le parc offre sinon aussi plusieurs possibilités de se rafraîchir dans des cascades et bassins. On a testé le Buley Rockhole au coucher du soleil (cascades aussi très prisées par un petit serpent) et le lendemain, nous nous sommes promenés et baignés dans les chutes d’eau Florence Falls, Tolmer Falls et Wangi falls. Dur de choisir celles qui nous ont enchantés le plus.

Wangi FallsTolmer Falls

Personnellement, j’ai bien plus apprécié le parc national Litchfield que celui de Kakadu, que nous avions visité au début de notre road trip. Il est plus facile à explorer car plus petit, il est aussi très vert et surtout nous avons distribué notre sang à bien moins de moustiques !

Nous avons passé la nuit dans un camping du parc. Heureusement, il n’y a eu personne pour vérifier si on a bien mis l’argent dans la boîte aux lettres 😉 . A partir de maintenant, il faudra s’habituer aux toilettes sèches (à compost sans chasse d’eau), qui ne sentent pas toujours la rose et qui attirent pas mal d’insectes.

Nous avons repris la Stuart Highway pour une centaine de kilomètres. Cela fait peur de voir ces roads trains (énormes camions à plusieurs remorques) déferler, au milieu de dizaines de pneus éclatés ou déchirés, répartis au bord de la route. On en retrouve même dans les arbres !

Outback - pneus dans l'arbrePneu déchiqueté Road train

Nous sommes arrivés à une aire de repos. Comprenez un parking pour se reposer au bord de la route. Celui-ci n’avait même pas de WC, mais c’est la première fois qu’on pouvait dormir légalement et gratuitement dans notre Ford Falcon « Rainbow Dream » : un vrai soulagement !

Par contre, par manque d’allume-feu, il nous a fallu cette fois-ci 3 heures pour faire un feu ! Ça change du micro-ondes de chez soi, n’est-ce pas ? Il ne faut pas être trop affamé. A partir de ce jour-là, on gardait toujours soigneusement un sac rempli du meilleur allume-feu australien avec nous : des feuilles d’eucalyptus.

2 – L’incroyable règne animal de l’Australie

Du parc national Lichtfield au parc national Nitmiluk (340 km)

Le lendemain, nous avons pris la route jusqu’au parc national Nitmiluk dont le paysage est toujours plutôt tropical que sec. A l’entrée du parc, nous avons pu bénéficier de douches chaudes et d’électricité : un vrai bonheur ! Nous avons donc, après avoir piqué une tête dans les chutes Edith pu profiter un petit instant encore de la civilisation.

Nous avons roulé ensuite jusqu’aux gorges de la rivière Katherine. En chemin, nous avons vu à plusieurs reprises des kangourous morts qui jonchaient la route. Une preuve que ces road trains n’ont pas de pitié !

Nous sommes arrivés au Visitor Center en fin d’après-midi pour nous renseigner sur les randos qu’on pouvait faire dans les gorges. On voyait déjà pleins de wallabys sur le parking, qui venaient nous souhaiter la bienvenue. On arrivait facilement à les attirer avec un morceau de carotte. Comme le soleil commençait déjà à se coucher, nous avons décidé de ne faire qu’une courte marche jusqu’au point de vue Baruwei.

Et c’est à ce moment-là que nous sommes témoins, sans le vouloir d’un spectacle hors du commun : à la tombée de la nuit, des milliers de grosses chauves-souris (roussettes) grinçantes quittent les arbres auxquels elles étaient suspendues pour prendre leur envol toutes en même temps le long des gorges de la rivière Katherine. C’est surréaliste ! Nous avons profité de la belle vue puis avons rebroussé chemin.

Björn marchait devant. On n’y voyait plus grand-chose. Puis tout à coup, il s’arrête net, ne dit plus rien et sort son appareil photo. Je ne voyais qu’un bout de bâton par terre. Là, on allume la torche et on reste pétrifié : ce bâton, sur lequel on a failli marché, était en fait le bout de la queue de quelque chose de plus grand, bien plus grand qui faisant 3-4 m de long : un serpent, le plus gros que nous n’ayons jamais vu de toute notre vie. Bon, que faire ? Est-il venimeux ? En tout cas, il avait la bonne carrure pour nous étouffer s’il en avait envie. Heureusement que la tête, disparue dans une crevasse, était éloignée par rapport à la queue. On a attendu gentiment que le serpent veuille bien nous laisser passer et sommes rentrés rapidement avec notre torche allumée, cette fois-ci. Mon Dieu, nous avons eu chaud !

Queue de l'Olive Python Olive Python

Comme j’étais devenue ultrasensible et parano, ce sont ensuite des dizaines d’énormes crapauds hideux et flasques qui m’ont effrayée.WC Katherine Gorge Nous avons passé la soirée dans les toilettes du parc pour profiter de la lumière et de l’électricité, afin de trier les photos de nos dernières sensations.

En roulant quelques minutes pour rejoindre un autre parking juste à côté sur lequel nous avions l’intention de passer la nuit, nous avons vécu une prochaine rencontre animalière. Nous apercevons, enroulé sur la route, un serpent, beaucoup plus petit que le précédent, mais aux rayures de couleurs vives, ce qui n’est pas bon signe. Björn s’arrête quand-même et ose s’en approcher pour le photographier.

Il n’est pas conseillé de rouler la nuit dans l’Outback car le risque de heurter des kangourous est trop important. C’est très difficile de les voir et il faut rester vigilent. Seuls leurs yeux brillants permettent de les repérer. En effet, après 10 min de conduite, deux kangourous ont traversé la route juste devant notre voiture. Franchement, avec tous les animaux qu’on a vus en une heure, on se croirait dans un zoo sauf qu’il n’y a ni cage, ni enclos !! C’est extraordinaire!

Le lendemain, nous voulions en avoir le cœur net : nous avons montré nos photos au ranger du Visitor Center : le premier serpent gigantesque était un python olive inoffensif pour l’homme (il n’en reste pas moins que s’il avait voulu m’étouffer, qui l’en aurait empêché ?) Le second serpent, coloré, est soit un Pseudonaja (brown snake) soit un Boiga irregularis (tree snake), le premier étant un des serpents les plus dangereux au monde, dont le venin est déjà mortel pour l’homme à faible dose. Mais pourquoi n’y a-t-il aucune pancarte qui mentionne les animaux les plus dangereux de la région ? Le ranger s’en fichait apparemment. Ils sont fous ces australiens ! Nous avons ensuite courageusement fait une autre rando à l’intérieur du même parc dans les Butterfly Gorges qui a duré 5 heures sous un soleil de plomb. Björn s’est rafraîchi dans la rivière. Pas de serpents à signaler ou autre animal dangereux, mais seulement des papillons et une paisible tortue ! Ouf !

Malgré tout, nous avons presque apprécié cette peur naturelle, qui nous semble être une peur justifiée. En ayant des soucis réels, c’est à dire primaires tels que boire, manger à sa faim ou dormir dans un lieu sûr, à l’abri des animaux et des éléments; en somme survivre et être en bonne santé, on se sent bien plus vivant que lorsque l’on angoisse pour des choses abstraites comme des futilités au boulot. Un road trip est une véritable thérapie contre le stress.

3 – Un petit bout de paradis terrestre

Du parc national Nitmiluk à Mataranka (142 km)

Nous sommes arrivés durant la soirée au petit village Mataranka peuplé de 250 habitants et réputé pour ses sources d’eau chaude puis avons dormi sur l’aire de pique-nique de Bitter springs. Déjà à Darwin, des amis nous avaient avertis que dans l’Outback, nous nous coucherions automatiquement à 21h au plus tard mais on leur ricanait au nez. Et pourtant, dès le début de notre road trip, notre horloge biologique s’est tout naturellement ajustée au soleil. Nous nous glissions tôt sous la couverture, non seulement à cause du manque de lumière mais aussi car les nuits devenaient de plus en plus fraîches. Il faisait entre temps environ 5°C dans la voiture !

Pour réchauffer nos articulations engourdies le lendemain, nous avons plongé tôt le matin dans les Bitter springs : c’est une baignoire naturelle dont l’eau possède une température constante d’environ 36°C tout en étant parfaitement limpide.

Un petit bout de paradis au milieu de nature tropicale ! Rien à voir avec le Mararanka thermal pool, la source thermale que nous avons visité ensuite, beaucoup moins féerique à cause de toute l’infrastructure construite autour.

4 – L’étendue de l’Outback

De Mataranka à Tennant Creek (550 km)

167 km plus au Sud, nous avons atteint à 13h00 le fameux Pub Daly Waters, situé en plein bush, où nous avons dégusté le petit déjeuner le plus consistant au monde. Pour 25 $ tu manges une grosse portion très protéinée et calorique, qui te requinque en un rien de temps.

Comme alternative à ce petit-déjeuner typiquement australien, il y a, seulement 286 km plus loin, le prochain Mac Morning, juste pour que vous ayez une petite idée des distances sur le continent australien.

Ces vastes étendues sont pour la plupart des fermes gigantesques sur lesquelles le bétail se déplace en toute liberté. La plus grande ferme au monde se trouve en Australien et dépasse la superficie de l’Israël. La route principale sur laquelle on roule à 100 km/h traverse ce genre de fermes, dépourvues de clôture. Cependant qui dit liberté ne dit pas forcément intelligence. Lorsque l’on voit des vaches brouter paisiblement de l’herbe au bord de la Highway il vaut mieux freiner, car en s’en approchant, tu peux être sûr qu’une d’entre elles s’enfuira dans la brousse… de l’autre côté de la route. Une seconde vache, ne voulant pas laisser la première toute seule, se jettera littéralement sur ta voiture. Plus tu klaxonnes, plus nombreuses sont les vaches qui arriveront de nulle part. Et tu te retrouveras avec tout un troupeau qui t’empêche d’avancer.. Je crois que les vaches en Australie sont les plus stupides au monde.

Vaches AustralieChevaux sauvages Australie

On a eu quasiment le même phénomène avec les chevaux sauvages, sauf qu’eux au moins, ont de l’élégance. Même les kangourous aiment bondir joyeusement sur la route, mais à distance pour l’instant…

Nous avons encore roulé 152 km jusqu’à Elliott, puis spontanément, au lieu de continuer jusqu’à Tennant Creek, nous avons bifurqué sur une piste sablonneuse de 12 km qui mène au trou d’eau Longreach Waterhole.

Cette piste n’est en fait accessible que par 4×4. Björn avait vraiment les boules et roulait très doucement. Une jeep nous a dépassés et s’est arrêtée. On a conclu un marché avec le conducteur : si d’ici une heure il ne nous voyait pas arriver au lac, il viendrait nous chercher, c’était rassurant.

Après ce qui nous semblait une petite éternité, on est bien arrivé et avons passé la soirée et la nuit devant une belle mare au milieu de nulle part en compagnie d’un vieux couple d’australiens chaleureux, qui nous a montré comment perfectionner notre technique de pêche et de feu. L’eucalyptus, grâce auquel nous avons pu allumer notre feu de camp, a une odeur bien plus intense que n’importe quelle huile essentielle. Son parfum nous rappellera toujours cet endroit romantique.

C’est vrai que conduire en Australie en jeep serait l’occasion de voyager hors des sentiers battus et de faire des connaissances intéressantes. Cependant avec notre Ford Falcon « Rainbow Dream » on avait suffisamment d’aventures aussi.

Après une bonne nuit de sommeil dans notre tente, qui offre quand même un peu plus de confort que le coffre de la voiture, nous avons repris la piste sablonneuse puis avons poursuivi notre chemin jusqu’à Tennant Creek, la ville des chercheurs d’or. Malheureusement, nous étions arrivés trop tard pour en chercher et le tour guidé de la mine d’or était trop cher pour nous. Dommage, ce n’est pas aujourd’hui que nous deviendrons riches.

5 – Chasse au trésor

De Tennant Creek à Alice Springs, en passant par Gem Tree (648 km)

Faute de trouver de l’or, nous avons parcouru 100 km et nous sommes consolés avec un autre trésor géologique : les, au soleil couchant rougissantes, Devils Marbles (billes du diable), particulièrement photogéniques, mais malheureusement trop lourdes pour les ramener en souvenir. Qui a bien pu pondre de si gros rochers ? Selon une légende aborigène, tous ces blocs symbolisent les œufs pondus par le Serpent arc-en-ciel (rainbow snake) pendant la création, le « temps des rêves ».

Devil Marbles - heavy stonesDevil Marbles - Australia

Comme si nous n’avions pas eu assez de sensations surréalistes, nous avons visité ensuite, à peine 25 km plus loin, Wycliffe Well, le camping australien, d’où il est possible de voir des Ovnis. Nous avons préféré ne pas dormir en compagnie d’extra-terrestres et avons poursuivi notre route à la recherche d’un lieu plus sûr pour passer la nuit. Nous sommes arrivés dans l’obscurité totale sur une aire de repos et n’avions malheureusement pas de bois pour nous réchauffer.

La nuit a été glaciale.

Le lendemain, il était prévu de rouler jusqu’à Alice Springs. En route, nous avons aperçu un panneau avec la croix blanche qui annonce le prochain hôpital à 75 km. Il était toujours rassurant de voir ce signe, car nous nous rapprochions de la civilisation (75 km, c’est comme 5 km en France) . Mais après avoir parcouru 300 km, on a décidé de prendre un petit détour de 70 km vers l’est jusqu’au Gem Tree caravan parc, afin de retenter notre chance de devenir milliardaire, en cherchant cette fois-ci des pierres précieuses.

Et voilà qu’on nous donne un seau de terre et un tamis pour qu’on s’amuse à trouver des grenats, avec un peu de chance, de qualité gemme. On a bien déniché quelques petites pierres rouges transparentes mais il fallait attendre le lendemain pour les faire évaluer.

Nous ne nous sommes donc pas trop éloignés et nous sommes installés dans le bush au bord du Plenty Highway. On a passé une superbe soirée devant un très bon feu en mangeant des rumstecks, des patates « au four », des chips et en regardant même un film sur notre petit netbook, un loisir très rare pendant notre tour du monde.

Soirée feu de campBarbecue Outback

Mais la nuit a été encore plus froide que la précédente. Heureusement que déjà le premier rayon de soleil réchauffe la voiture qui se transforme alors rapidement en four.

Le lendemain, nous avons laissé évaluer nos pierres précieuses, mais elles étaient apparemment trop petites et cela aurait été trop coûteux d’en faire faire un bijou. On savait bien que ce serait une belle arnaque !

Toujours sans ressources, nous avons donc poursuivi notre chemin, traversé le tropique du Capricorne, et franchi les derniers km jusqu’à Alice Springs, la ville au cœur du désert australien. Elle constitue le point de départ pour l’excursion jusqu’au célèbre massif Uluru (Ayer’s Rock). Nous étions curieux de savoir, quelles miracles nous attendraient ici.




Darwin et le parc national de Kakadu

Après un long silence, nous reprenons la plume pour continuer de raconter nos récits. Presque 3 ans se sont écoulés maintenant, depuis que nous avions foulé le sol australien. Après notre voyage à Bali, nous avons atterri à Darwin, où il nous a fallu un long temps d’adaptation et d’organisation. Toutes nos premières galères, nos aventures professionnelles et comment notre famille d’accueil australienne nous a traité de : « les invités sont comme des poissons, après quelques jours ils pourrissent » est à lire absolument dans notre article : Australie – Nos débuts difficiles à Darwin.

Marmukala Billabong

En gros, nous avons testé quelques jobs : Björn a été conducteur de pousse-pousse pour des australiens, majoritairement trop bourrés pour rentrer chez eux la nuit mais, « no worries, mate » (comme disent les aussies), eux donnaient au moins de généreux pourboires en contrepartie. L’un d’entre eux était tellement gros, qu’il a même proposé d’échanger avec Björn. Mais Björn était trop fier et a tenu à monter la pente jusqu’au bout. Nous avons sinon vendu des paris aux champs de courses et avons servi des boissons lors du gala au casino. Mais lorsque notre famille d’accueil nous a mis à la porte, cela nous a donné au moins l’occasion d’accélérer les choses : nous avons acheté notre « rainbow dream » : c’est comme ça que nous avons surnommé notre voiture, en référence au « temps des rêves » (dreamtime) qui caractérise les croyances aborigènes. Nous pouvions enfin économiser l’argent des hostels. Mais il fallait toujours se cacher la nuit pour dormir car on avait peur de se faire attraper encore une fois par la police. Ce n’est pas évident de se camoufler en ville. Et puis il fallait toujours soit utiliser en douce les douches et les toilettes des hôtels soit rouler jusqu’à la plage où des douches et sanitaires sont mis à disposition mais où il est strictement interdit de camper.

Jusqu’alors, nous n’avions même pas eu l’occasion de vraiment visiter Darwin. 2 jours ont amplement suffi, car ce n’est pas une bien grande ville.

A voir à Darwin :

– La plage Mindil beach et son sunset market (les jeudis et dimanches au soleil couchant) :

Mindil Beach - Darwin

– La réserve Eastpoint où nous avons vu notre premier wallaby :

First Wallabie at the East point

– La plage nudiste du Casuarina coastal reserve qui était moins déserte que toutes les autres plages 😉 :

Nudist beach Casuarina coastal reserve

– Museum and art gallery of the NT, gratuit

– Botanical gardens, gratuit

– Crocodylus park : comme il n’y avait personne à la caisse qui a bien voulu prendre nos 35 $, nous sommes rentrés gratuitement 😉 et on a été assez culotté pour postuler par la même occasion à un emploi, mais ils recherchaient plutôt des volontaires :

Crocodylus parc - guideMaria keeping a baby-crocodile

Comme nous ne trouvions pas de « vrai » travail et que le vent de la liberté nous poussait à prendre la route, il était temps pour nous de quitter la ville de Darwin, où nous avions passé un mois déjà.

Pour tester notre voiture avant le long road trip (3000 km à travers le désert), nous avons d’abord visité le parc national de Kakadu situé à 250 km de Darwin. C’est le plus grand parc national d’Australie qui appartient aux autochtones et qui est connu pour ses peintures rupestres aborigènes. Nous étions tout excités à l’idée de nous préparer pour prendre le large.

La route est assez étroite pour notre voiture mais ça se gâte encore plus, dès qu’un road train arrive d’en face. Ces énormes camions à plusieurs remorques roulent à toute allure et peuvent t’écrabouiller comme une mouche si tu ne leur cèdes pas le passage, Stuart Highway de sorte qu’il vaille mieux se ranger sur le rebord poussiéreux et caillouteux de la route pour leur échapper. En arrivant au parc, c’est moi qui ai pris le volant et je me suis entièrement concentrée sur la route. N’empêche qu’une voiture automatique c’est quand même bien pratique et simplifie la conduite à gauche. Tu peux conduire avec une seule main, reposer une jambe et manger en même temps.

Le paysage du parc est très sec et composé de nombreux arbres d’eucalyptus que nous verrons souvent en Australie. Nous avons « omis » de payer les 25 $ de droits d’entrée et ne nous sommes arrêtés qu’à Marmukala. C’est un marécage qui abrite beaucoup d’oiseaux. Notre prochain stop était juste destiné à prendre quelques renseignements au bowali visitor centre avant d’atteindre notre destination finale : le camping Burdulba, situé tout près du Nourlangie Rock. Là encore, nous avons pris le risque de ne pas payer le camping. Il n’y a pas de réception, il faut mettre 5 $ dans une enveloppe et l’introduire dans une urne. On voulait s’entraîner à dépenser le moins de sous possibles. Le camping est beau mais très simple. Il n’y a pas de douches ou d’eau potable. Il y a un ruisseau tout près mais la pancarte nous a dissuadé de nous en approcher de trop près.

Dangerous animals

Dommage, j’aurais tant voulu me rafraîchir dans l’eau.

Nous avions posé notre tente, puis étions épuisés et affamés. Heureusement qu’il y a souvent des grills en Australie qu’on peut utiliser et ce n’est pas le bois qui manque. Et puis un feu de camp n’a jamais été aussi simple à allumer, l’eucalyptus brûle instantanément, c’en est presque inquiétant !

Campfire at Burdulba camping

Pendant qu’on cuisinait, nous avons été attaqués par un milliards de moustiques : des nuées arrivaient de partout. Marias legs 'eaten' by mosquitoesJe pouvais en voir par centaines. Notre voiture en était infestée. Je n’ai jamais vu une telle concentration de moustiques. Ils m’ont massacré alors que j’ai mis 2 fois du puissant produit DEET asiatique à 70%, qui est interdit en Europe (seulement 30% sont autorisés). Normalement ça marche pourtant ! Nous sommes vites allés nous réfugier sous la tente.

Le lendemain, après le petit déjeuner, nous avons essayé de capturer notre déjeuner dans le fameux ruisseau : nous n’avons rien attrapé à part une branche d’arbre.

Fishing with crocodiles

Par contre, nous avons trouvé une demi-mâchoire de bébé crocodile, la preuve que la pancarte ne mentait pas. Je suis contente finalement qu’aucun poisson n’ait mordu, il nous aurait sûrement fait tomber dans l’eau et nous aurions été à notre tour une proie facile pour les crocodiles les plus dangereux au monde : les salties (crocodiles marins). Nous avons ensuite quitté le camping pour admirer les peintures aborigènes sur les parois du Nourlangie Rock et écouter les explications du ranger.

Aboriginal painting on Nourlangie Rock

C’est là que j’ai pris ma douche improvisée dans les toilettes publiques à l’indienne, au seau d’eau froide. Ça m’a fait un bien fou et un peu calmé les démangeaisons des pires piqûres de moustiques de tous les temps. Björn, lui, s’en est bien sûr plutôt bien sorti, comme d’habitude. Je suis son répulsif ambulant contre les insectes :-(

Nous nous sommes ensuite promenés autour du très joli Anbangbang Billabong (Billabong : mot aborigène pour un point d’eau qui ne s’assèche jamais), et nous avons suivi le petit chemin Nawurlandja jusqu’en haut des rochers d’où nous avions une très belle vue sur le parc au coucher du soleil.

Nawurlandja Walkway viewpointNawurlandja Walkway - Kakadu Nationalpark in the sunset

Nous avons passé la nuit sur un parking à proximité, dans la voiture que nous avons cette fois-ci équipée, avec beaucoup de difficulté, de notre moustiquaire.

Camping in our car in Kakadu nationalpark

Le 3eme jour, les rayons du soleil nous ont déjà réveillés à 6h30 du matin mais nous étions en pleine forme. C’est impressionnant, la rapidité avec laquelle on peut changer son rythme de vie, dès qu’on est plus entouré de lumière artificielle. Nous avons roulé jusqu’au Gagudju lodge Cooinda pour réserver notre petite croisière sur le Yellow Water pour voir les crocodiles marins dans leur milieu naturel (66 $ par personne !). En attendant le début de la croisière, nous regardions tous les australiens de l’hôtel s’attabler dehors devant un buffet plus que généreux, ce qui nous a ouvert l’appétit. Nous avons décidé de les imiter discrètement pour goûter à un vrai petit-dèj australien composé de viande grillée et de haricots blancs, Miam!

Free breakfast at the Gagudju Lodge CooindaAussie Breakfast

Pas étonnant que les australiens ne soient pas particulièrement minces. Le tour en bateau ensuite était très sympathique. On a vu une douzaine de crocos de très près, entourés d’oiseaux bien courageux ! Nous voulions en même temps postuler pour ce genre de job mais la personne en charge n’était malheureusement pas là.

Yellow Waters - wild saltwater crocodileBirds in Yellow Waters

Avant de quitter l’hôtel, Björn s’est servi dans le container à glaçons qui se trouvait par chance sur le parking. On a donc pris un de ces sacs de 4 kg de glaçons pour notre glacière (normalement ça s’achète dans les stations-service). Encore une bonne aubaine !

Ensuite, nous avons encore essayé de pêcher notre repas du midi, mais hélas sans succès. Je ne comprends pas pourquoi on arrive jamais à attraper quoi que ce soit à part des déchets. Le type à côté de nous, lui, a pêché en 10 minutes un énorme Barramundi mais… l’a relâché aussitôt dans l’eau car la réglementation veut qu’il mesure au minimum 55 cm. Mince alors, à quelques mm près ! De notre côté, on se contentera encore de conserves.

De retour à Darwin, nous en avons profité pour faire le plein, acheter nos provisions (muesli, poudre de lait, pâtes etc), se ravitailler en eau et se préparer à traverser les 3000 km d’Outback australien !




Australie – Nos débuts difficiles à Darwin.

Salut les amis !

On voulait en fait d’abord tout écrire sur nos aventures en Asie, dans l’ordre, avant de commencer avec l’Australie mais les retards s’accumulent et au risque de ne plus rien écrire, on va vous donner quand même quelques nouvelles de nos tout derniers exploits !

View at the government house in Darwin

Alors on est bien arrivé en Australie, à Darwin, dans le nord. Quand on arrive d’Asie, le choc est grand. On remarque bien que c’est un autre continent ! Les gens sont si grands tout d’un coup et n’ont pas les yeux bridés, disent tous sorry quand ils te heurtent dans la rue. C’est des détails comme ça, tout bêtes, qui marquent tout de suite. Puis c’est calme et si grand. Partout on voit des vans et des jeeps dans la rue. Et il y’a si peu de gens ! Il faut s’imaginer, l’Australie est au moins aussi grande que l’Europe, mais avec 35 fois moins d’habitants. Darwin est située dans l’état le moins peuplé, Northern Territory, et compte une centaine de milliers habitants, mais les rues, les voitures et les places de parkings sont gigantesques (8 mètres de long en général et 6 mètres pour les voitures spécialement petites – photo du bas !).

Small cars only

Les gens ici sont ouverts et cool. Je m’imagine les américains exactement pareils. Mais ils disent pas « you are welcome », mais « no worries », et tout le monde t’appelle mate (= mon pote). Les femmes que je connais à peine, ou même ma chef m’appellent honey, sweety ou darling ! Et chacun, par exemple les banquiers ou lors des entretiens de boulot, t’appelle par ton prénom, donc tu peux faire pareil avec le manager.

Revenons à nos moutons. Donc arrivé tout frais en Australie, on s’est rendu compte que le vrai problème sont les prix. Ca a été le plus grand choc. La nourriture et l’hébergement sont plus chers qu’en Europe. 1 kg de bananes : 13 dollars, 30 dollars la place de camping (mais on avait pas de tente) et 30 dollars le lit dans un dortoir de 12 personnes. Les chambres sont dégueulasses. Les gens jettent toutes leurs affaires par terre et laissent les restes de pizza de la veille traîner plusieurs jours. Les cafards se sentent plutôt à l’aise. Personne ne nettoie vraiment, et les toilettes et cuisines, n’en parlons pas.

the frog hollow backpackers hostel

Bref, on a donc vite remarqué qu’on ne pouvait pas rester indéfiniment dans l’auberge. En plus, tu paies 4 dollars de l’heure pour wifi. Ils sont assez sous-développés, en ce qui concerne l’Internet, en comparaison avec l’Asie. On a découvert bien plus tard, qu’on pouvait utiliser Internet quelques heures gratuites à la librairie de Darwin. Après 2 nuits au Cavanegh, que je ne recommande pas, on a trouvé une famille d’accueil sur Internet à travers Couchsurfing.

Where we lived for 2 weeks

Au début, ils étaient super sympa. Il y avait plein d’autres voyageurs. Normalement pour 2-3 nuits on ne paie rien. Mais on se sentait bien dans la cage du jardin (oui franchement, on a dormit dans une cage ouverte avec un lit, une moustiquaire, des meubles et un frigo. Les bruits, la nuit, faisaient penser à jurassique parc, mais c’est le côté exotique).

The cage from the outside Our bed in the cage

On a voulu payer quelque chose et rester plus longtemps. On a bien sûr marchandé, et par la suite, compris que c’était mal vu. On a passé de superbes soirées. Un moment donné, je me suis rendue compte que ça devenait de plus en plus une sorte de communauté. Pire que la pire des familles. C’était comme si tout le monde s’attendait à ce que tu participes activement à la vie de groupe et on n’avait aucune vie privée. Donc on passait bien 5 heures par jour à discuter avec les autres. Sauf que les autres, en plus, cuisinaient tous pour le groupe au complet (une douzaine de personnes) et chacun achetait du vin le soir. Et nous, on mangeait à côté la pizza surgelée la moins chère de Darwin et la plus écœurante de toute ma vie. Les autres entreprenaient tout ensemble, même en journée. On se sentait de plus en plus mis à l’écart. De notre côté, on voulait surtout économiser et pouvoir chercher du travail, une voiture etc., mais pas moyen de se concentrer.

Some of the community around the kitchen table

Un beau jour, on rentre le soir et le gars se met à nous engueuler comme un malade, en face de toute la « communauté ». Pourquoi on a changé de chambre (on a dû aller dans la véranda pour un français qui a payé plus et une fois qu’il est parti, on voulait retourner dans la cage jurassique parc. On avait demandé avant à sa femme qui était d’accord); pourquoi on ferme la porte de la véranda, que ce n’est pas notre chambre ; qu’on profite de lui etc. Puis nous a foutus dehors comme des malpropres. Pourquoi ne pas nous avoir dit avant, et sur un ton plus humain, qu’il y’a des choses qui ne lui plaisaient pas. En plus, il faut rajouter que ce couple bizarre laissait toutes les portes de la maison en permanence ouvertes. C’est dingue ! Et le gars fume des joints toute la journée. Il y’a aussi un clochard qui habite en dessous de la maison surélevée et qui paie pour l’eau et l’électricité. Puis, si chacun de nous voyageurs (souvent une dizaine) paie quelque chose, c’est plus que ce que le couple ne paie pour le loyer de toute la maison. Donc nous avions l’impression qu’eux utilisent Couchsurfing pour trouver des locataires au noir. Ce qui nous a blessés le plus, c’est que les autres voyageurs, qu’on prenait pour une famille ou de très bons amis, n’ont pas réagit et nous ont ignorés. Ben merci la belle communauté de hippies !

Donc on s’est retrouvé, après avoir passer 2 semaines là-bas, à la rue avec tous nos bagages. Mais comme à tout malheur quelque chose est bon, ça nous a permis de retourner dans le centre ville et d’accélérer notre organisation. On a dormit au frog hollow backpackers 2 nuits (meilleure atmosphère qu’au Cavanegh et un tantinet moins sale). Et super : le lendemain on a déjà trouvé une voiture.

Our Ford Falcon Where we sleep all night

Une Ford Falcon avec plus de 390 000 km au compteur ! Elle était un peu plus chère que d’autres (2100 dollars), mais elle donne une meilleure impression lors de la conduite. Ce n’est pas du tout évident de rouler à gauche, avec le volant à droite, la boîte de vitesses automatiques (en fin de compte beaucoup plus facile, mais inhabituelle), et surtout une grosse bagnole ! Mais heureusement, les rues ici sont quasi-désertes et ultra larges ! Avec les places de parkings géantes, c’est un rêve pour une femme ! Ce qui est aussi super, c’est qu’on l’a achetée avec tout No camping or sleeping overnight in Darwinle matériel de camping dedans et qu’on peut y mettre tout un matelas pour 2 personnes. Faut juste pas se faire attraper par la police. C’est assez compliqué ici. Il est strictement interdit de dormir dans sa bagnole (c’est pas gentil ça, je croyais que l’Australie est un pays de campeurs), sinon tu paies 100 à 200 dollars. Beaucoup de backpackers se font régulièrement réveiller en pleine nuit, ou paient des gros PVs. Donc faut bien se cacher. – Hem…. Petite correction : juste après avoir écrit ça, on s’est fait effectivement pincé au Mindil Beach, au bout de la 5eme nuit dans la voiture, par la police. On a reçu une amende de 137 $, non pas par voiture mais par personne…aaarghhh ! Ils sont fous ces australiens !? On n’y peut rien s’il n’ y a aucun terrain de camping dans tout Darwin! On se demande si on paie, ou on jette le petit papier rose à la poubelle (vos avis sont les bienvenus) –

Côté boulot, on a essayé des petits jobs occasionnels mais nous espérons en décrocher un vrai. Pour l’instant, Björn fait de temps en temps chauffeur de Pedicab (vélo taxi australien), nommé aussi touk-touk, pouss-pouss, rickshaw (Inde), ou bien encore cyclo (au Vietnam). Qui l’eût cru ?

Bjoern driving the Pedicab

Eh oui, le monde à l’envers, par rapport à l’Asie, où on prenait ce moyen de transport. Il doit louer le vélo de 10 à 120 dollars, selon le jour et le moment de la journée, par tranche horaire de 5 heures. Un trajet court coûte 5 dollars par Dressed woman at the Cup Carnivalpersonne. Donc c’est un peu risqué, mais jusqu’à maintenant, Maria at the race courseil a réussit à se faire un peu d’argent de poche… tout en faisant du sport. Sinon on a bossé 4 jours aux champs de courses pour le grand événement Darwin Cup Carnival.  Les femmes sont venues déguisées avec des robes des années 20 et des chapeaux à fleurs farfelus, genre chic démodé.  C’était pas simple de comprendre ce que marmonnaient les australiens avec leur anglais très étrange. Mais j’y ai survécu ! En faisant des petites erreurs de caisse… Sinon, une femme a gagné 6500 dollars ! J’espérais qu’elle me donne une part du gâteau mais nan…

Et le samedi, on a bossé jusqu’à 3h30 du mat au casino pour le grand Gala Ball annuel de Darwin. Ensemble avec les champs de courses, on a travaillé 15 heures ce jour là. La jet-set australienne était là, dans ses habits de princes et princesses, les bijoux étincelaient de partout et les gens ont bu du champagne à gogo. Nous, on a juste aidé à transporter des trucs et préparé des cocktails pour les serveurs. Il y avait un buffet immense. Ils ont jeté tous les restes, snif, et nous ont donné que des clubs sandwichs et de l’eau du robinet !!!

Après tout ça, il faudra se retrouver du travail. On se sent comme des clochards dans ce pays, à se demander où on va bien pouvoir dormir la prochaine nuit et qu’est ce qu’on va manger. Dur de cuisiner sans cuisine et frigo. Finit les restaus et hôtels à prix dérisoires d’Asie :-(

Cooking at mindil beach Having lunch outside

Maria preparing to go to bedMaria making breakfast

On a passé déjà quelques nuits dans la voitures. Le matin, le soleil australien la transforme en four et puis, tout en sueur, on met notre chemise blanche (non lavée et non repassée) pour aller au boulot ou à un entretien. Avant, il faut squatter dans une auberge pour utiliser les toilettes, les douches et la cuisine. Voilà en gros notre quotidien en ce moment.

Well dressed to go to work

Si on ne reçoit aucunes réponses des jobs pour lesquelles nous avons postulés, nos prochains plans seront de faire un peu de tourisme ici (ben oui, on a pas eu l’occasion jusqu’alors et une voiture est nécessaire pour découvrir les environs). Darwin est située dans un territoire où les crocodiles ne sont pas rares. Malgré les jolies plages désertes et le soleil hyper agressif, (trou dans la couche d’ozone), il n’est pratiquement jamais possible de se baigner. C’est assez frustrant. Le plus grand danger sont les méduses avec leurs tentacules de 3 mètres, dont la piqûre est mortelle.

Swimming here is dangerous Beautyfull, empty beach in Darwin

Puis, nous préparons notre road trip à travers le outback australien. Vive les longues journées de conduite dans le désert et vive les kangourous ! Il parait qu’il ne faut pas conduire la nuit, car le risque de heurter des kangourous ou autres animaux est très grand… waw ça s’annonce très aventureux !